XXIIème Rencontres de chants polyphoniques.
Tra Noi ne peut plus imaginer un mois de septembre sans un déplacement aux Rencontres de Chants Polyphoniques (raccourci; Rencontres). Nous voulons être à Calvi, être dans la citadelle avec les amis, attendre que les portes de la Cathédrale ou de l´Oratoire s´ouvrent, pour pouvoir se replonger dans la musique des quatre coins du monde, pour voir A Filetta se produire tous les soirs, pour sentir les odeurs de la Corse.
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mercredi 15 septembre
Cette année encore, nous étions donc dans l´avion pour Calvi, et nous étions bien frustrés que les contrôleurs du ciel fassent grève pendant notre aller, qui dura dix heures de plus que prévu.
Je (Suzan) m´étais justement réjouie de pouvoir assister au premier concert, le concert du Trio Tzane “polyphonie des Balkans et d´autres voix historiques”. Trois dames venant de trois pays différents chantant dans plusieurs langues.Mais pendant qu´elles sont en train de chanter dans la cathédrale, nous regardions la citadelle depuis notre avion qui était en train d´atterrir.
Arrivé sur la Piazza d´arme dans la citadelle commence pour nous le “rencontrer” , le fait de revoir nos co-A Filettafans est une fête, on s´embrasse, on se prend dans les bras de l´un et de l´autre, et nous embrassons aussi quelques membres d´A Filetta que nous voyons. Curieux sur le premier concert manqué nous demandons comment c´était: leur enthousiasme les enflamment tous, superbes voix, exceptionnel par les différentes langues et cultures…
Nous demandons à Jean-Claude Casanova (de L’Invitu) si nous pouvons reprendre son compte-rendu pour ce concert, et comme nous le pensions déjà, il accepte.
C´est ainsi que naît l´idée, pour cette année, de laisser écrire à quelques uns de nos co-fans un compte-rendu des concerts, vous pourrez les lire ci-dessous.
Trio Tzane – Polyphonie des Balkans par Jean-Claude Casanova:
Belle ouverture calvaise pour ces XXIIes Rencontres, avec à 18 heures le concert du Trio Tzane. Ce groupe est issu de la rencontre de trois jeunes femmes : la crétoise Xanthoula Dakovanou, la turque Gül Hacer Toruk et la française Sandrine Monlezun.
Faisant fi des frontières, ce trio nous a fait voyager entre Macédoine, Turquie, Bulgarie et Epire. Elles interprètent des chants profanes et religieux orthodoxes, musulmans et catholiques. Bel exemple de l'ouverture chère aux Rencontres. Un moment de paix, de grâce et de beauté très applaudi par le public.
Le concert de ce soir de Francesca Breschi en collaboration avec Archaea Strings et Riccardo Tesi, prend place dans la Cathédrale. Nous nous assoyons sur les bancs durs, en bois, à la maison nous avions hésité à emmener avec nous de petits coussins; nous sommes contents de l´avoir fait.
Francesca Breschi – Italie par Françoise Coulomb:
Francesca Breschi : voix, Mauro Fabbrucci & Riccardo Capanni : violon, Marcello Puliti : viole, Damiano Puliti : violoncelle, Filippo Pedol : contrebasse,Riccardo Tesi : accordéon
Avant-propos :
Quand Suzan et Laurent Lohez, géniteurs géniaux de « Tra noi » débarquent à Calvi pour les Rencontres Polyphoniques, rien ne leur résiste et nous sommes, brutalement, un certain nombre à subir leurs assauts répétés, dès l’atterrissage de leur avion, pour respecter le plan de travail qu’ils ont depuis longtemps élaboré, sans nous bien sur !
Chaque concert du programme des Rencontres a déjà son plumitif désigné et nul ne peut échapper à leur sollicitation amicale, c’est comme çà et pas autrement ! Ces deux-là sont irrésistibles, rechigner fait partie du jeu mais l’issue est connue et aucune dérogation n’est accordée, seule la date de production du compte-rendu est, un peu, négociable.
Voici donc le résultat de ce harcèlement consenti avec délice !!!!!!!!!!!
Cà commence comme un boeuf dans une boîte à jazz où un contrebassiste un peu déjanté s’éclate au milieu de quatre autres adeptes des cordes, moins tumultueux en apparence, mais en totale fusion, qui le calment peu à peu et l’amènent vers des rives plus classiques !
Archaea Strings, c’est cette alchimie brûlante, capable de tout jouer avec un bonheur totalement contagieux!
Alors, la rencontre musicale avec Francesca Breschi, compagne de route flamboyante de la grande Giovanna Marini (hôte inoubliable, avec son quatuor, des Rencontres 2007) est simplement évidente, naturelle.
Parce que Francesca Breschi, c’est un volcan, tantôt paisible, tantôt éruptif ! Elle me fait penser à Anna Magnani, tour à tour pathétique et truculente, qui fit naître mes premiers émois cinématographiques italiens.
Comme la sublime actrice, elle porte en elle un feu perpétuel et possède une voix à se mettre à genou, une voix splendide, une voix caméléon qui caresse, aime, cogne, lutte, souffre, …, au gré de l’histoire qu’elle raconte !
Comme elle, c’est une femme debout, libre qui nous entraîne, avec les musiciens d’Archaea Strings, dans un voyage sans frontières qui explose les genres, les règles, le temps, à partir de la Toscane, matrice originelle et piste d’envol vers l’ailleurs.
Elle donne parfois des clés en français pour nous aider à mieux comprendre le chemin mais la langue n’est pas une barrière tant tout se devine, tout se lit sur son visage et son corps, tant tout se sent dans sa voix et celles des instruments. Magique !!!
On comprend la belle proximité avec A Filetta, inlassables voyageurs aux semelles de vent.
Ah, ces nomades, tout de même !!!!
Nous avons sacrément voyagé durant ce concert, avec pour fil rouge, l’homme, l’amour, la justice, la liberté, …, la condition humaine partout et toujours.
Cerise sur la gâteau, le grand Riccardo Tesi et son accordéon diatonique, musicien magnifique qui fait corps avec l’instrument, en fait ce qu’il veut et le fait divinement bien, parle à travers lui et nous dit plein de belles choses, sur tous les tons, dans tous les rythmes. Un bonheur !!!
Et quand Francesca nous offre « La Paghjella de l’Impiccati », l’émotion m’étreint et sa voix bouleversante me donne le frisson. Inoubliable !!!
Merci à elle, merci à eux !
Revenez vite !
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Jeudi 16 septembre
Calvi ensoleillé, c´est de bonne augure pour ce soir, le dernier concert du jour devrait se dérouler en plein air sur la Piazza d´Arme et si le vent ne souffle pas davantage cela devrait être maintenu.
Mais en premier nous nous dirigeons vers la Cathédrale, où vont se produire trois musiciens venant de Mongolie. Les Rencontres c´est beaucoup d´attente, mais faire la queue avec un groupe, ayant les mêmes affinités que nous, rend l´attente comme un air de fête, un évènement chaleureux. On s´y embrasse à chaque fois (c´est combien de bises déjà ? 3 ou 4 ?), on y discute et on y rigole. Et même lorsque l´on est assis, il faut attendre que tous les amateurs aient trouvés place, la Cathédrale est par ailleurs complète.
Naranbaatar Purevdorj, Baadma, Nasanjargal Ganbold - Mongolie par Suzan Lohez
Philippe-Jean Catinchi annonce le groupe et derrière nous, dans la Cathédrale, nous entendons le chant d’une puissante voie angélique. Vêtue en costume traditionnel, une femme se déplace vers nous en chantant. Devant l’autel, deux hommes, eux aussi en costume traditionnel, se tiennent près avec un instrument à cordes particulier. Baadma chante et les deux hommes jouent de leurs « violons à tête de cheval ». Le chant de la femme est pur et puissant, les hommes murmurent des sons à part.
La chanteuse Baadma explique, en Anglais, leur manière de chanter : en Mongolie il n’y a pas mer comme en Corse, il y a de grandes steppes, le désert de Gobi et des montagnes, les chants sont « long songs », les chants sont longs sans rythme et sans mélodie qui ne revienne et doivent couvrir une longue distance (leurs amis peuvent habiter dans leurs yourtes qui se trouvent parfois jusqu´à cinq kilomètres plus loin), et parce qu’ils sont sur Terre et que leurs chants doivent porter jusqu’aux cieux.
Elle nous explique aussi les sons spéciaux produits par les hommes: “khöömei”, ils varient entre le murmure aigu ou grave. Une démonstration s’en suit, les sourcils des hommes semblent influencer leur chant murmuré, c’est superbe, cela vibre, parfois les sons ressemblent et à ceux d’un didgeridoo, mais ce que font ces hommes est pur et uniquement avec des sons buccales.
Le violon à tête de cheval est l’instrument national de Mongolie, il s’agit d’une caisse de résonnance carrée avec deux cordes et une tête de cheval à la hauteur du cou.
Entre temps Baadma change d’habits, encore une tenue particulière et une coiffe comme je n’en ai encore jamais vue. Elle présente la chanson suivante : des femmes demandent à leurs hommes de ne pas boire de trop, les hommes se trouvent à un marché aux chevaux, des hommes forts, avec beaucoup de vodka et de cigarettes. Elle nous dit que nous pourrons entendre la réponse des hommes.
Le chant et la musique vous transportent, on peut facilement s’imaginer être dans la steppe, c’est un chant qui va et vient entre la femme et les hommes. Ce que disent exactement les hommes, nous ne le comprenons pas naturellement, mais il est clair qu’ils font ce qu’ils veulent.
Les chants se varient entre la chanteuse seule et les hommes avec leurs instruments, ou encore tous les trois ensemble. La chanteuse raconte qu’en Mongolie, on ne chante pas uniquement pour les gens mais aussi pour les animaux. La chanson suivante est un chant pour son cheval pour l’encourager à aller plus vite encore: « emmène moi auprès de mon amoureux ».
Son visage amicale et sa voie puissante vous rendent le tableau complet, nous voilà transporté.
Le public délire d’enthousiasme, après un long applaudissement ils reviennent et interprètent un modeste rappel.
Enrichis d’une nouvelle expérience musicale, nous quittons la Cathédrale.
Il fait pratiquement nuit lorsque nous cherchons une place sur l´escalier de la Piazza d´arme. Nous sommes excités: le concert de ce soir se déroulera dehors. C´est un concert commun du groupe de percussions Japonais KODO (Kodo est le mot Japonais pour rythme du cœur) et A Filetta. Les deux groupes ont déjà fait une série de concerts, A Filetta s´est rendu en Août au Japon pour se produire ensemble avec KODO. Et mardi 14 septembre les deux groupes ont ouvert ensemble les Rencontres à Bastia.
Sur notre petit coussin, sur les pierres de l´escalier, nous regardons la Piazza d´arme se remplir.
A Filetta & Ensemle KODO – Corse & Japon par Pierre Cassanova:
KODO ET A FILETTA : RENCONTRE DU 3ème TYPE
Ouh là là ! Chroniquer la prestation d'A Filetta et des japonais de l'île de Sado, dur dur le challenge ! Merci, Laurent pour le cadeau !
Seulement voilà, emporté par l'ambiance euphorisante des Rencontres calvaises, bercé par le murmure des flots bleus, chaviré par la pureté du ciel, bleu lui aussi, transcendé par la beauté des montagnes environnantes, totalement captivé par les échanges entre les fidèles festivaliers retrouvés d'une année sur l'autre avec un plaisir renouvelé, légèrement boudiné après les divers repas que les excellents restaurants du coin nous proposent, peut-être un tout petit peu grisé par les bons vins du pays (mais là je doute que ce soit ça), qu'ai-je fait ?
Oui, qu'ai-je fait, pauvre de moi ?
Eh bien, j'ai dis oui !
Oui à cette mission périlleuse, à ce devoir de vacances difficile, à l'engagement d'écrire ces quelques lignes dont je m'aperçois que j'ai déjà pondu un bon paquet à force de vous confier la dureté de ma tâche.
Mais point de défilage !
Rentrons dans le vif du sujet.
Ne tergiversons pas plus.
Allons à l'essentiel.
Or donc.
Que dire de ce concert phare des Rencontres, soutenu par une publicité très présente sur la radio locale et qui a réuni plus de 800 personnes sur la place d'armes de Calvi et environ 300 à Bastia ?
J'avoue être dans un drôle d'entre deux pour donner mes impressions, tiraillé que je suis par des sentiments contraires.
Je m'explique :
Il est indéniable que les percussions de Kodo sont très impressionnantes. Puissance, rigueur, précision métronomique, engagement physique spectaculaire des musiciens. Cette musique menant à une espèce de transe japonaise ne peut assurément pas laisser indifférent.
Oui mais...on ne peut qu'être un peu déçu devant la grande similitude entre les spectacles du mardi à Bastia et celui du jeudi à Calvi.
Oui mais...les chants d'A Filetta étaient bien là, dans toute leur force et leur beauté.
Ja, maar… de gezangen va A Filetta waren er ook, in al hun kracht en schoonheid.
Oui mais...la météo n'était pas avec nous en ce premier soir à l'extérieur. Le vent était de la partie et pas très compatible avec des prestations avec micros.
Oui mais... la rencontre fraternelle entre musiciens japonais et nos amis d'A Filetta était belle, surtout dans ce final où ils se sont tous retrouvés, se tenant par les épaules, à chanter et frapper sur les percussions dans une dernière envolée chaloupée.
Oui mais....
Oui mais, qu'en est-il de la fusion des deux musiques ?
Et c'est là que le jugement devient très difficile. Les structures musicales étant si éloignées, les ambiances de chacun si différentes, les cultures musicales à priori tellement opposées que nos oreilles ont forcément du mal à appréhender correctement cette tentative de fusion.
La première partie s'ouvre essentiellement sur un collage, une alternance de morceaux de percussions et de chants que nous connaissons bien de nos amis.
Puis un premier mélange s'opère, à mon avis peu concluant, coupant le benedictus en deux (sacrilège !) par des percussions minimalistes, au demeurant fascinantes de précision et de coordination, et lui adjoignant Beati. A la suite, les chants de la chanteuse japonaise se mêleront à ceux de Jean-Luc pour un résultat inégal, fait de beaux instants et d'autres à la dissonance pas forcément bienvenue.
Puis Liberata se juxtapose au chant d'un des percussionnistes. Etait-ce à cause des conditions climatiques et d'un mauvais retour pour les chanteurs ? Ou bien était-ce vraiment voulu ? Toujours est-il que le mélange sonnait vraiment faux par moments.
Et enfin deux chants créés pour l'occasion (entrecoupés de moments percussifs à couper le souffle).
Comme souvent lorsqu'A Filetta collabore avec des musiques venues d'ailleurs, ce sont ces chants-là qui opéraient la meilleure osmose, avec de très beaux moments.
A l'heure où j'écris ces mots, je me dis que j'aimerais bien une 3ème écoute pour pouvoir affirmer que la rencontre de ces deux cultures fut oui ou non réussie.
C'est peut-être que finalement, cela m'a bien plu....
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Vendredi 17 septembre
Attendant avec impatience une nouvelle expérience musicale nous attendons tous dans la cathédrale, nous allons voir et écouter Aria Stisa, avec Enza Pagliara qui fut déjà présente aux Rencontres l’année dernière avec le groupe Assurd.
Aria Stisa “Les Pouilles – Italie” par Anne-Marie Casanova
Laurent et Suzan, soyez satisfaits, je suis attablée prête à écrire pour vous
Il m’a fallu subir un harcèlement permanent, passant du leitmotiv « tu as repassé mes chemises ? » à « tu as rédigé l’article ? » Pas un soir sans qu’un message de Hollande ne me rappelle que tous les hommes sont des conducteurs d’esclaves (de slavendrijver is terug !), surtout avec les femmes .Le déjeuner dominical ne m’a pas épargnée non plus, puisque Pierre m’a fait remarquer l’extrême discrétion de mon article.
D’accord, j’ai pris mon temps, mais il est clair que je suis la seule à travailler effectivement dans la bande et je suis débordée! Mais, mon retard est également stratégique, Il vous aura laissé le temps de savourer le lyrisme de Françoise, de goûter la verve de Pierre, la finesse de Pascale, d’Ursula et de Tra Noi.
Revenons à Calvi, (oh oui !), c’est vendredi 17 septembre, il est 17 heures et nous attendons groupés sur les marches de la cathédrale Saint Jean Baptiste. Cette attente est un espoir d’émerveillement et de plaisir musical .Comme chaque fois lors de ces rencontres, nous ne serons pas déçus. Nous allons entendre Aria Stisa.
D’abord, il y a Enza Pagliara que nous avons déjà entendue dans le groupe ASSURD en 2009 : elle nous présente sa démarche d’ethnomusicologue de collectage de chants traditionnels au sein de son propre village des Pouilles et de sa famille .C’est justement sa famille qui va interpréter ces chants .
Annunziata, Francesco, Franchina, Rosaria sont intimidés, mais je ressens leur fierté de nous raconter en chansons l’histoire des Pouilles, du village et de la famille. Il y a des chants de l’amour naissant ,de l’amour trahi, de l’amour contrarié.il y a des chants de travail et de luttes paysannes contre un patron avare et sans cœur, des chants de village pour se moquer de son voisin .Ces chants sont quelquefois accompagnés de bruitages faits à la bouche (zon-zon) par Franchina
Le lendemain soir à la fin du tout dernier spectacle des XXIIèmes Rencontres de chants polyphoniques de Calvi, alors que nous rejoignions nos amis en haut des marches de la Cathédrale, nous avons croisé la route d’Annunziata, Francesco, Franchina et Rosaria qui nous ont fait le magnifique cadeau de chanter pour nous quelques chants dont un magnifique « Bella Ciao », le poing levé.
Merci aux Rencontres, merci à la Vie !
Comme les prévisions météorologiques ne sont pas géniales, il n’est pas certain que le concert de ce soir puisse se dérouler dehors sur la Piazza d’arme, lorsque nous marchons le long des barrières l’un des infatigables bénévoles nous annonce que le concert aura bien lieu en plein air, yes!
The Shin – Géorgie par Laurent Lohez:
Aujourd’hui c’est à mon tour d’écrire un compte-rendu et aussi d’assister à un concert de The Shin.
Je suis très curieux de voir ce concert, j´ai encore en tête le compte-rendu et les photos de Tra Noi du concert de juin 2010 de The Shin et d´A Filetta à Dortmund, et ce soir je vais pouvoir le voir moi-même.
De nouveau, nous avons la chance que le temps soit sec et que le vent soit tombé. La demi-lune est superbe et brille de temps à autre de derrière les nuages.
Tradition oblige, la soirée est ouverte par un concert d´A Filetta. Voir A Filetta se produire est toujours un plaisir. Ici, ils sont dehors sur la Piazza d´arme. Silencieux, le public est pendu à leurs lèvres pour ne rien manquer.
En le décrivant, j´ai de nouveau la chair de poule comme je l´avais ce soir-là, et comme beaucoup d´autres ont du l´avoir aussi. C´est une interprétation courte mais intense de quelques chants, parmi lesquels Ghmerto, un chant Géorgien en guise de bienvenue pour The Shin, qui vient de Géorgie.
Je suis impressionné par le rythme rapide qui est joué, c´est une véritable fête que d´y assister. Il est évident que les membres de The Shin ont beaucoup de plaisir sur scène. Ces fantastiques musiciens se poussent les uns et les autres à obtenir le meilleur de leurs instruments, grandiose !
Un danseur souple, agile, presque élastique se produit de temps à autre sur le podium au rythme de la musique. Ses pas et ses mouvements sont tous aussi surprenant les uns que les autres.
Alors que je savoure ce concert, il arrive à terme brutalement, on en redemande. Heureusement qu´il y aura une suite, Jean-Claude Acquaviva a annoncé que The Shin et A Filetta travailleront ensemble, ce que Tra Noi a vu à Dortmund sera davantage approfondit.
Nous buvons encore une bière, Pietra, nous voyons les hommes de The Shin ranger leurs instruments, et les techniciens ranger leur matériel, ici et là des gens discutent, nous savourons encore une superbe journée des Rencontres.
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Samedi 18 septembre
La dernière journée des Rencontres est toujours une sorte de journée folle et très complète, l´après-midi il y a des concerts gratuits et on peut aussi souvent assister à une conférence.
Pour rendre la journée encore plus lourde, nous avons rendez-vous avec l´Amichi d´A Filetta pour déjeuner ensemble.
C´est un repas chaleureux, on y parle différentes langues: Français, Allemand, Néerlandais et Corse, et on y rit beaucoup et le repas est succulent. C´est pour nous aussi le rencontrer des Rencontres!
De retour dans la Citadelle, il nous faut faire des choix, le programme s´enchaîne et fait que l´on voudrait se couper en quatre pour ne rien manquer. Mais malheureusement ce n´est pas possible.
Nous faisons l´impasse sur Cantu à l’asgiu à l´Oratoire et nous manquerons aussi le concert d´Aria Stisa et de Francesca: nous assisterons au concert de Kyrie Kristmanson, une chanteuse Canadienne.
Kyrie Kristmanson – Canada par Pascale Casanova :
Samedi 18 septembre à 16h – Cathédrale Saint-Jean Baptiste
Elle s’avance calmement vers le centre de la nef, demande au public si tout va bien.
Petite silhouette réservée mais pas timide, son premier chant est à cappella ponctué par des frappes de main. Plus loin elle s’accompagnera d’une guitare ou d’une trompette. Un bassiste discret (un peu trop…) vient effleurer de temps en temps un de ses chants.
Kyrie Kristmanson swingue sur des rythmes folk, pop ou jazz, dans un style très épuré.
Elle chante en anglais essentiellement mais parle très bien le français.
Auteur-compositeur interprète, cette jeune femme, a de quoi épater un public venu nombreux la découvrir .
Seul excentricité du personnage : une toque de fourrure (qui gratte un peu).
On lui pardonne… Elle n’a que 20 ans !
A suivre.
Après le concert de Kyrie, nous allons dans le bouillant Oratoire pour assister au concert de Battista Acquaviva, c´est déjà plus que complet et nous restons dans le fond de la salle, il y fait très chaud et les fenêtres de l´Oratoire battent dans le vent, mais malheureusement pas suffisamment pour apporter un peu de fraîcheur.
Battista chante une polyphonie Corse, elle s´accompagne parfois par une Cetera. Sa voix pure et l´ambiance est du style Renaissance. Après quelques chants, nous nous rendons à la Cathédrale pour le concert de Vitalba, un groupe polyphonique venant de Corte.
Vitalba – Corsica par Ursula Gloeckner:
Laurent m´a demandé d´écrire un compte-rendu d’un concert des Rencontres de Calvi, et je suis très contente qu’il m’ait choisi celui du groupe Corse Vitalba. J’aime beaucoup la polyphonie Corse, et je prends de longs chemins pour assister aux concerts de mon groupe préféré : A Filetta.
Vitalba (mot Corse pour la clématite), qui a sorti le CD « À lu Ghjornu Spuntatu » en 2006, et que je n’avais pas entendu auparavant, a présenté (à 8 ce soir-là) de la polyphonie traditionnelle (Domine, Terzine, L'Anniversariu di Minetta) et quelques unes de leurs propres compositions, accompagnées principalement de guitares.
Ce que j´ai le plus aimé : « L’anniversariu di Minetta », « Fiure di Palestina » et à la fin (chanté à 6) « Stabat mater », écrit pour eux par Jean-Claude Acquaviva.
Malheureusement, cela n’engage que moi, les conditions techniques dans la Cathédrale n’étaient pas idéales, le son m’a semblé sourd et les voix peu accentuées.
Pendant l’interview après le concert, que j’ai très peu compris (ndlr : notre amie Ursula est Allemande), le chanteur Jean-Yves Acquaviva a déclaré que leur répertoire habituel contient plus de polyphonies que celui de ce soir. C’est dommage; les chants présentés se ressemblaient beaucoup l’un à l’autre et j’ai manqué un peu de contact personnel avec le public. C’était un beau concert, on a senti l’âme de la Corse, mais l’étincelle ne s’est pas communiquée jusqu´à moi. J’aurais aimé entendre Vitalba encore une fois le soir dans l’Oratoire, avec une meilleure acoustique et plus près du public, où sûrement on aurait eu plus de plaisir avec ces belles voix et harmonies. On souhaite à ce jeune groupe qu’il trouve sa place entre les nombreux autres groupes Corses.
Après le concert de Vitalba, nous filons sur les chapeaux de roues vers la petite place derrière la Cathédrale, là nous savourons en plein air le Trio Abdallah/Chemirani/Theron.
Trio Abdallah/Chemirani/Theron. – Occitanie, par Laurent Lohez:
Troubadours
Nous sommes dehors sur la Piazza d´arme, derrière la Cathédrale. Le temps reste sec malgré quelques petites gouttes.
Au début du concert, je vois un moineau s´approché en volant et vient se reposer dans un arbre au-dessus de moi. Aussi curieux que moi, il vient voir ce qui se passe dans ce cadre vert et authentique.
Manu chante en Occitan selon la tradition du Sirvantes: c´était une manière pour le troubadour de critiquer la brutalité du Monde et la stupidité de ceux qui avaient le pouvoir. En bref, il s´agit d´exprimer des idées contestataires.
Bijan Chemirani joue du Zab et du Darf (percussions traditionnelles Perses) et Tarek Abdallah joue de l´Oud (Luth Arabe). La musique est une succession de sons Orientaux et Occidentaux.
Je savoure l´enthousiasme, l´intensité du rythme du trio que je ne m´aperçois pas que la nuit tombe…
Malheureusement le concert se finit sur un seul rappel, et il est déjà temps de faire la queue pour le grand final.
Calusgiule à l’ultimu par Suzan Lohez:
De nouveau le suspens joue, à savoir si le concert se déroulera en plein air ou pas, la superbe demi-lune d´hier soir est cachée derrière une barrière de nuage. Lorsque nous pouvons entrer dans la Citadelle, nous prenons place sur notre place habituelle sur les pierres de l´escalier.
Nous regardons les vidéos des derniers jours qui sont projetées sur le mur de la Caserma Sampiero. Qu´est ce que nous avons beaucoup vus ces derniers jours, et ce soir c´est la « clôture », différents artistes que nous avons déjà vus ces derniers jours vont se reproduire à nouveau ce soir. Malheureusement KODO ne sera pas là, Jean-Claude Acquaviva l´avait déjà annoncé hier soir, les membres de KODO sont hélas déjà partis. Aux côtés de ces artistes, nous verrons se produire les membres du groupe Walli Langa du Rajasthan. Alors que nous regardons les vidéos il commence à pleuvoir, doucement, mais il pleut. Nous faisons comme s´il n´en est rien et regardons les images sur la Caserma, mais devant la caserne se trouvent des gens de l´organisation qui se consultent, avec des visages graves. The Shin qui était sur le point de faire des essais range son matériel, la pluie devient de plus en plus forte et les microphones sont enlevés de la scène par les techniciens. Nous le sentons arriver: c´est vraiment très dommage, mais la soirée de clôture des 22e Rencontres de chants polyphoniques ne se déroulera pas en plein air. Par expérience, nous savons qu´il nous faudra choisir entre l´Oratoire ou la Cathédrale (les artistes se produiront aux deux places) et vu que nous sommes plus proche de l´Oratoire, nous nous y rendons.
En entrant, nous sommes comptés (en raison du nombre de places limitées dans l´Oratoire), et nous nous rendons compte qu´il s´agit là d´une énorme organisation. Les membres d´U Svegliu Calvese sont habitués à prendre ce genre de décision, c´est évident, et tout se déroule de façon très souple.
Nous remarquons qu´il n´y a pas de microphones, uniquement un podium en bois, des bougies allumées et le public remplit l´Oratoire. Cela pourrait devenir très intéressant.
Après un certain temps d´attente, A Filetta fait son apparition sous un tonnerre d´applaudissements. Ils interprètent deux chants d´Himalaya, et bien qu´il soit dommage que le concert final ne se déroule pas en plein air, il est aussi magnifique de voir et d´entendre les hommes, dans l´Oratoire, si pur sans aucun amplificateur.
Après des chants issus d´Himalaya, il n´est pas surprenant que Baadma (la chanteuse de Mongolie) commence à chanter derrière nous. C´est de nouveau une fête que d´entendre cette magnifique puissante voix. Il n´est pas difficile que d´imaginer sa voix portant très loin dans les steppes de Mongolie, l´intensité de la chanson me donne la chair de poule, et il en est de même lorsqu´elle parle de sa voix douce pendant la chanson. A en juger aux applaudissements, les gens sont émus.
Je suis très contente de voir les dames du Trio Tzane prendre place, nous pouvons quand même savourer ce trio interculturel (pour ce soir du duo). Nos amis n´ont pas dit un mot de trop, Elles ont de magnifiques voix, s´accompagnant de tambourins.
Sous une pluie d´applaudissements les hommes d´A Filetta reviennent sur l´avant de la scène. Quel bonheur, tout est silencieux lorsqu´ils se mettent à chanter. Ils chantent A Violetta, une ancienne chanson traditionnelle Corse.
C´est toujours agréable d´entendre A Filetta chanter live, mais ici, en Balagne, où ils sont à la maison, pendant leur propre festival, cela donne une dimension supplémentaire.
Ensuite, c´est le tour d´Enza Pagliara, cette fois seule avec un tambourin, c´est évident qu´Enza n´a pas besoin d´amplificateur, quelle force se dégage de cette frêle dame, elle se produit toujours avec la même énergie, un plaisir à voir et à écouter. Le public en pense la même chose et la couvre d´un gros applaudissement.
Nous voyons de nouveau Kyrie Kristmanson, cette fois sans guitare, s´accompagnant en frappant des mains et claquant de ses talons. Sa voix fluette est douce et rêvassante.
Pour une dernière fois A Filetta reviens sur scène, ils chantent Gloria de l´album “Le Libertin”, superbement léger et amusant.
Francesca Breschi se produit cette fois-ci seule, pas de musiciens mais simplement sa voix, sans agrément elle prend place dans l´Oratoire, sa prestation avec Archaea Strings et Riccardo Tesi était superbe, mais c´est aussi plaisant de la voir et de l´entendre seule.
Deux membres de The Shin pénètrent dans l´Oratoire avec leur hôte chanteur. Pas de duels de guitares, pas de cruche à battre, pas de danseur, seulement trois chanteurs de Géorgie, mais magnifique, on ressent dans notre corps leurs voix chaleureuses. Ils chantent aussi une chanson qui va de plus en plus vite, leur hôte chanteur a un papier avec les paroles et les autres le taquinent en mettant leurs mains sur le papier. La chanson va de plus en plus vite, le public applaudit plusieurs fois puisqu´il semble que l´on ne puisse pas aller plus vite, nous applaudissons, mais cella va encore plus vite. C´est marrant et nous en rigolons tous.
Les trois troubadours du Trio Abdallah/Chemirani/Théron prennent place dans l´Oratoire et je me rends compte que c´est la première fois ce soir que d´autres instruments de musique soient utilisés, autres que des tambourins.
Le Zarb de Bijan Chemirani, l´Oud de Tarek Abdallah et la voix de Manu Théron se renforcent l´un l´autre.
Et voilà les bénévoles d´U Svegliu Calvese qui préparent la venue, dans l´Oratoire, de Walli Langa Group du Rajasthan.
Nous pensons qu´il y a besoin d´amplificateurs mais il n´en est rien, un podium est construit sur lequel est placé un tapis. Quatre magnifiques hommes vêtus de Blanc avec châles et turbans s´agenouillent sur le tapis.
Un a une sorte de tambour, un autre un harmonium Indien et les deux autres des Kartales en bois (sorte de castagnettes). Avec des visages ravis, ils commencent à chanter, ils donnent l´impression de chanter sur l´amour et d´autres sujets gais, nous n´en sommes pas sur puisqu´ils chantent naturellement en Rajasthani.
De nouveau, nous entendons des voix puissantes, l´un des hommes agitent ses Kartales de façon tellement frénétiques que nous avons peur qu´il assone son voisin. Heureusement il n´en est rien mais cela ressemble à un duel. A aucun moment le concert ne baisse d´intensité ou de force, le public les récompense par un tonnerre d´applaudissements.
Et brutalement c´est fini, la fin des 22e Rencontres de chants polyphoniques est un fait. La fin des Rencontres me rend toujours triste, après tant de bonnes musiques, d´artistes enthousiastes, d´amitiés, de rencontres, cela aurait pu durer encore plus longtemps mais c´est définitivement fini.
Nous marchons vers la Cathédrale et là nous entendons les applaudissements finaux, hélas, il n´y a plus d´extra à recevoir.
Quelque peu perdus, nous sommes sur les marches de la Piazza d´arme, entre temps il ne pleut plus et il ne fait pas froid, et d´un seul coup quand même un petit extra: les dames et l´homme d´Italie d´Aria Stisa se tiennent devant nous et commencent spontanément, tout proche devant nous, à chanter avec beaucoup de plaisir, très vite un groupe de public enthousiaste se forme autour d´eux, on y chante “Bella Ciao” il me semble qu´il s´agisse d´une chanson Italienne bien connue, quel délicieux dessert.
Et maintenant, c´est réellement fini, nous saluons l´Amichi d´A Filetta, nous disons à l´année prochaine à quelques membres d´U Svegliu Calvese , et merci et à jeudi à Valérie et aux hommes d´A Filetta (nous nous déplacerons pour assister au concert d´A Filetta à Düsseldorf).
Sous un ciel étoilé, nous descendons pour la dernière fois pour cette année sur les pavés de la Citadelle.
Ce fut de nouveau un vrai régal...
Rencontres de Chants Polyphoniques
Le site internet de ce groupe de percussions Japonais.
Polyphonie des Balkans, interprétée par trois dames.
Chanteuse Italienne
Accordéoniste Italien.
Le site internet de ce groupe Géorgien.
Chanteuse Canadienne.
Les photos des Rencontres 2010