Compte-rendu-Pleure, Lamente, Prie et Aime mars 2011 Pays-Bas
Concert « Pleure, lamente, prie et aime » le 11 mars 2011 à Haarlem
« Un vaste demi-cercle en arrière-plan : les places pour les musiciens du NBE. Devant eux: une sorte de grand et sombre mannequin surmonté d´une auréole blanche. Les effets lumineux de cette figure seront plus tard le partenaire du bassoniste qui jouera en solo, le « Ricercare pour basson et lumière ». Au premier plan: les pupitres pour le petit demi-cercle habituel des chanteurs d’A Filetta. Une attente impatiente. Pour assister à ce concert j’ai parcouru 250 kilomètres depuis l’Allemagne.
Musique! Jean-Luc entre en scène, chantant, tout seul. Il est bientôt suivi par un contrebassiste et un joueur d’un instrument à vent, et successivement par les autres chanteurs d’A-Filetta et les autres instrumentistes du NBE, tous chantant et jouant jusqu'à ce que tout le monde ait atteint sa place. La musique continue, pendant que le joueur de hautbois du NBE prend la parole pour déclamer un texte, court et plein d'humour qui donne à réfléchir. Le Monde explosera-t-il demain à l´heure du café ? Et de la même façon, dans l'ordre inverse, le concert se terminera plus tard. Entre ces deux moments : une heure et demie de musique sans interruption - un travail d´équipe constant entre musiciens et chanteurs, avec des arrangements très créatifs et sans qu'un groupe ne domine l'autre. Ernst Reijseger a composé des morceaux spécialement pour ce concert, mais il a aussi agrémenté les chants d’A Filetta avec l’accompagnement du NBE en arrière plan.
La polyphonie des voix se lie intimement aux instruments tels que la clarinette basse, le trombone, le hautbois ou le violon. Tantôt ce sont les membres d’A Filetta qui déroulent leur tapis de timbres sous les accents sonores déchirés et plaintifs du NBE, tantôt le NBE ajoute des notes nouvelles aux magnifiques chants d’A Filetta tel que "L'Arditezza», «Treblinka» ou «Liberata». Et quand un hautbois pleure ou qu´un trombone sentimental prend la place du solo de Jean-Claude, ce sont des moments extraordinaires. Avant la fin du concert, "Sub tuum" - impressionnant ! Un petit « bravo » m’échappe, bien qu'il n'y ait pas d'applaudissements entre les morceaux.
A la fin, une standing ovation et des applaudissements enthousiastes à n’en plus finir ! Et le public n´est rassasié qu’au moment, où il est invité à se rendre dans le hall d'accueil pour un petit bonus musical. On peut y rencontrer les musiciens (et obtenir leurs beaux autographes). Les chanteurs d’A Filetta sont très sympathiques !
Et je n’ai pas encore raconté la chance que j´ai eue ce soir-là : ma place dans la salle du concert était bien au premier rang, mais bien trop vers la gauche, et au début du concert, j’ai réalisé tout de suite, que je ne pourrais voir uniquement les dos de Maxime et de Ceccè. Quel dommage ! Mais quelle merveille : en plein milieu du premier rang, directement en face des chanteurs, quatre sièges sont restés vacants. Et lorsque deux autres spectateurs s’y sont rapidement glissés, dans le noir, j’en ai également fait de même. Et me voici, à moins de deux mètres d’A Filetta - je ne pouvais à peine y croire : chaque mimique du visage, chaque geste, chaque contact visuel, chaque note murmurée… c´était comme un cadeau - un coup d’œil souriant de Jean-Claude inclus ! Je n´oublierai jamais cette soirée!
A Filetta a montré, une fois de plus, à quel point ils sont capables de capter les nouvelles impulsions des autres musiciens. Ensemble, le NBE et A Filetta ont enchanté le public. »
Gabriele Mertens, Allemagne
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« Vendredi soir 11 mars à Haarlem mon mari et moi avons grandement savouré la représentation du Nederlands Blazers Ensemble A Filetta Pleure, lamente, prie et aime.
Vieux sons dans un nouvel emballage. Les cuivres et les chanteurs se complètent très subtilement, c´est de la vraie « Musique ». Merci. »
H. Spaanderman, Uitgeest
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« J´ai trouvé la musique jolie! Cela commence doucement et avec l´orchestre cela devient de plus en plus animé et de plus en plus fort. J´adore la grosse caisse, et le violon pouvait produire des sons étranges que j´ai bien aimé. C´était comme si nous étions dans une grande église, à cause de la lumière, comme les vitraux d´une église. Après la grosse caisse, j´ai trouvé que le hautbois était le plus joli, surtout quand le hautbois a joué seul avec A Filetta. »
Julien Lohez 7 ans
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« Dimanche: nous nous connectons prématurément sur NL1 (ndlr: Télévision Néerlandaise) et nous tombons en plein milieu d´une représentation d´un groupe d´hommes. Très vite je reste le souffle coupé et fascinée je regarde A Filetta, que je n´avais jamais encore entendu auparavant. Lorsqu´il est annoncé que ce groupe se produira demain à Arnhem, avec un autre fantastique groupe de musiciens, je regarde mon mari et décidons qu´il n´y ait aucun autre rendez-vous qui puisse faire le poids contre une soirée de régal avec cette musique. Et nous l´avons savourée ! Fantastique ! La salle n´était pas complète, mais lorsque les applaudissements ont retenti, il me fut soudainement évident que beaucoup d´autres, avec nous, avaient également savouré. Jusqu´à ce moment la salle était restée muette pendant une heure et demie. Quelle superbe musique, quelle fête. Ce n´est surement pas la dernière fois que nous aurons savouré A Filetta ! »
Mariëtte Custers, Arnhem
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« Je n´ai jamais applaudi aussi fort et aussi longtemps après un concert ! »
Cobi, Groningen
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« Hier soir, nous avons vu et écouté un concert magnifique à Zoetermeer. Au début, je craignais un peu que la violence des musiciens du NBE noierait l´A Capella d´A Filetta. Mais ce ne fut pas le cas. Une bonne balance. On voit le respect pour chacun et aussi qu´ils savourent la musique de l´autre. Une heure et demie de grande classe ! »
Harry & Rika, Zoetermeer
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« Un par un - mélangés les uns aux autres - les chanteurs d´A Filetta et les musiciens du Nederlands Blazers Ensemble arrivent sur le podium et commence alors une soirée de musique à couper le souffle. Saisissante depuis la première minute et saveur intense.
Un décor sobre, tous vêtus de noir, projection de vitraux sur les murs latéraux du théâtre.
Parfois une combinaison étrange entre la « musique citadine » moderne et nerveuse du NBE et les chants de l´ancienne polyphonie Corse. Une fois c´est A Filetta qui prend le dessus, une autre fois ils ne font que pleurer avec le NBE, le contraste ne peut pas être plus important. A la fin du concert c´est à juste titre qu´ils reçoivent une standing ovation.
A la fin du concert, dans le foyer, les musiciens du NBE jouent encore quelques morceaux et A Filetta encore un chant. Pendant les deux heures de route, pour le retour en Belgique, nous sommes restés silencieux savourant le concert. »
Eric Viskens, Belgique
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« J´ai, Lieve van Voorthuijsen, participé à la ‘Demi-heure. C´est un projet avec le Nederlands Blazer Ensemble. Nous devions faire notre propre représentation sur le thème Pleure, lamente, prie et aime. C´était vraiment super ! Après notre représentation, nous avons pu nous assoir dans la salle et écouter le NBE et A Filetta. J´ai été émerveillé. Quand A Filetta a commencé à chanter, j´étais bouche bée. Leurs voix, ensemble, étaient tellement belles que l´on aurait dit qu´il y en avait qu´une. Je ne comprenais pas ce qu´ils chantaient, mais cela semblait très émouvant, comme s´ils étaient un seul et même avec la musique. J´avais l´impression qu´ils ne chantaient pas un texte mais qu´ils traduisaient leurs émotions par des sons musicaux. On entend leurs émotions retentir dans leur chant. J´ai beaucoup apprécié. »
Lieve, élève du Premier Lycée Chrétien d'Haarlem
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« Le 12.03.2011 à Zoetermeer, nous avons assisté et savouré le magnifique concert d´A Filetta en collaboration avec le Nederlands Blazers Ensemble.
D´une beauté inconnue et ça chez les « nordistes » dans un théâtre Néerlandais. Malheureusement le son était un peu trop sec. Nous préférons le son d´une gigantesque église en France. Nous les rajoutons à notre liste de polyphonie Corse avec Jean-Paul Poletti, Nadine Rosello et Barbara Fortuna. »
Loes&Cees den Hollander
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A cappella Corse comme un rituel d’adieu et de deuil
Par René van Peer
Pleure, lamente, prie et aime. Nederlands Blazers Ensemble avec A Filetta. 12/3 Stadstheater, Zoetermeer. Reprises à Arnhem, Groningue et Amsterdam. (Info): www.nbe.nl
Un concert avec le groupe de chant a cappella A Filetta nous rappelle la veille des morts. La polyphonie corse traditionnelle, qui dérive de la musique liturgique ancienne, comprend la lamentation et le chant religieux. La mélodie principale court le long de sentiers sinueux sauvages, parfois soutenue par une deuxième voix. Les autres chanteurs embellissent l’ensemble avec de longues lignes d'une alternance d’accords variés avec un timbre doux, rauque. Les musiciens tantôt entourent le chant comme un halo sonore, tantôt flottent en solo au-dessus de lui. Mesurée de temps à autre par des coups mats sur la grosse caisse, la musique se déploie à un rythme contemplatif, ce qui convient merveilleusement à un rituel d'adieu et de deuil.
Les chants des Corses, écrits pour la plupart par le chef de l'ensemble Jean-Claude Acquaviva, s’enchaînent sur des compositions de Ernst Reijseger, renommé pour ses improvisations et sa musique de film.
L’arc de tension se maintient par le jeu équilibré de Reijseger, jeu varié et plein d’émotion. Même les longs silences n’entraînent pas d’applaudissements précoces.
Cet article a été publié dans NRC Handelsblad le lundi 14 mars 2011, page 22 - 23
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Voix décapantes et poignantes
Cela vous prend jusqu´à la moelle des os lorsque les sept hommes d´A Filetta entonnent leurs lamentations. Les voix de l´ensemble Corse sont décapantes et poignantes. Les musiciens du Nederlands Blazers Ensemble apportent ici et là une douce liaison ou accentuent les expressions avec des sons menaçants.
Les textes Corses sont incompréhensibles mais leur contenu se laisse facilement deviner. Ici, on y souffre ; ici, on y raconte des atrocités. Les gestes des chanteurs en disent long : des visages déchirés par la douleur, mains portées à la tête, un bras de réconfort passé sur l´épaule.
Jean-Claude Acquaviva et ses hommes font revivre depuis trente ans ce chant traditionnel Corse vieux de plusieurs siècles.
Bart Schneemann, joueur de hautbois et directeur artistique du Nederlands Blazers Ensemble, tombe lui aussi sous le charme et décide de s´associer à A Filetta. Le NBE estime que les frontières entre musiques du Monde et compositions classiques, théâtre et concert sont faites pour être abattues.
C´est ainsi qu´il en est pour le programme «Pleure, lamente, prie et aime », qui a le caractère d´un rituel impressionnant. Au début, les musiciens arrivent les uns après les autres en chantant, et se retirent à la fin aussi les uns après les autres.
Ernst Reijseger a su créer une osmose entre les chants Corses et ses propres compositions tout en ajoutant des fonds instrumentaux. Elles ont leur propre style avec un violon fantôme, des cuivres soufflant de faux airs, des rythmes vigoureux, des coups de tambours menaçants et un duel ludique entre un basson et une icône illuminée. Mais par une ambiance sombre et des sons de couleurs sombres, elles s´associent magnifiquement au chant d´A Filetta.
Le NBE étend les frontières aussi sur le niveau éducatif. Avec le premier volet du programme « het half uur » (La première demi-heure), la compagnie attire les jeunes non seulement dans les salles mais aussi sur la scène. C´est ainsi que les élèves du Premier Collège Chrétien ont donné leur propre interprétation du thème « Pleure, lamente, prie et aime ». Avec des sketches et des chansons, ils ont revisualisé les années de 1960 à 2011. Ils chantèrent en rap : « La jeunesse d´aujourd´hui a perdu de la Culture. Leur goût pour la musique est complètement gâté ». Mais avec le NBE, ils n´ont pas besoin d´avoir peur.
Winand van de Kam
Cet article a été publié dans Haarlems Dagblad le lundi 14 mars 2011, page 13
