L'ermite et le garçon (Conte de Noël)

Voilà Noël ! Aussi bien dans le village que dans toute la Corse tous les enfants l´ont tant désiré. Ce soir, c´est le réveillon, ils ont du l´attendre si longtemps et tout à l´heure presque chaque enfant pourra ouvrir ses cadeaux. Les mères son très occupées à cuisiner de succulents dîners de Noël et pour une fois elles n´ont pas à se soucier des surcoûts des commissions journalières: ce soir c´est la fête et on ne fait pas attention à l´argent… Les hommes sont emmitouflés dans de chauds manteaux á la recherche de petits bois, bûchettes et bûches pour allumer un magnifique feu pour rechauffer les coeurs. Entre temps les enfants ne peuvent presque plus attendre la fin de cette longue attente: oh, que cette journée se termine et que viennent les cadeaux tant attendus : Playstations, Wi Wo et bien d´autres encore…
Tous attendent avec impatience le moment où la lune va apparaître, sauf Matteu. Ce n´est pas que ce pauvre garçon n´aura pas de cadeaux ou qu´il n´aura pas à manger, mais il se fait du soucis et il semble qu´il devient de moins en moins à l'aise au fur et à mesure que le temps passe. Assis sur le pas de la porte, il attend son ami, mais il semble qu´il ne viendra pas aujourd´hui… et maintenant il doit rentrer pour manger…
Dans le village, il l´appelle « l´ermite », pas le « berger » ou tout simplement Ghjuvan-Carlu, mais « l´ermite », et pour les gens ici, il y a quelque chose de méchant dans le mot. Alors que le pauvre Ghjuvan’Cà est plutôt un malheureux, par une sale journée noire il a été touché par le destin, il y a bien des années… A ce moment là, il habitait le village avec sa fiancée, une superbe blonde ave qui il partageait un amour passionné, comme il n´en existe que dans les chansons. Joie et bonheur remplissaient leur charmante petite maison, bien que la vie soit dure. Il était berger, plein de bonté et toujours prêt à rendre service à un voisin, elle était servante dans la grande maison du maire, mais depuis quelques mois elle ne travaillait plus, parce qu´elle devait accoucher. Il était alors plus occupé encore, il faisait ce qu´il pouvait pour conserver le rythme de la vie dans sa petite maison et il s´occupait bien tendrement de sa fiancée, à qui il était plus attaché que quiconque puisse se l´imaginer. Mais le destin a été cruel et le jour où l´enfant devait naître la mère mourut et l´enfant au même instant. Cela va sans dire que Ghjuvan-Carlu fut très abattu par ce triste événement.
Abattu et en plus de cela devenu silencieux, tel que le désespoir lui était insupportable. Dès que l´enterrement fut fini il partit, sans en avertir qui que ce soit, sans même laisser une lettre pour sa famille… Personne ne sut où il était allé, et après deux jours son cousin s´aperçut qu´il avaient emmené son troupeau de chèvres avec lui: il s´était retiré dans les montagnes vers une cabane de berger à moitié effondrée, loin de tous, loin de sa petite maison et de tous ces souvenirs qui lui déchiraient le cœur. Il n´avait pas encore trente ans et il s´était simplement isolé, sans demander d´aide à personne; Petit à petit il avait retapé la cabane de berger, il avait construit son propre monde là-haut dans la montagne. Comme chasseur et pêcheur talentueux cela ne lui était pas difficile de trouver de la nourriture ou de rester tout seul et personne n´avait le courage de venir le voir… peut-être pensaient ils qu´il reviendrait de lui-même. Mais des mois et des années passèrent, et personne ne l´avait revu dans le village. Quelques fois il venait inaperçu, pour déposer une fleur au cimetière pour son grand amour et de cette façon ses proches savaient qu´il était encore en vie…
Par la suite les gens se sont mis à parler de lui, ils disaient qu´il était devenu fou, là-haut tout seul avec ses animaux; ils disaient qu´il ne parlait plus et qu´il était lui-même devenu une bête, cruel et prêt au pire. Un jour, deux étrangers disparurent dans les montagne au-dessus du village et personne ne les a retrouvés, les pauvres… C´étaient deux Allemands, passionnés de la montagne, qui s´étaient laisser surprendre par le froid et la neige, en mai, alors que le soleil brillait de son plein dans la vallée; un accident comme il en arrive souvent chez nous lorsque les gens n’ont pas assez de connaissace de la réalité d´ici. Cela faisait presque 10 ans que Ghjuvan-Carlu était parti et alors les gens du village disaient que c’était lui le monstre qui les aurait tués, que la montagne était maudite, qu´il y vivait un géant assoiffé de sang… C´est ainsi que naquit la légende de l´ermite de San Martinu, la bête qui vivait là-haut au milieu des bêtes et qui mangeait les gens, et surtout les enfants…
Les frissons parcouraient le dos de Matteu lorsqu´il entendait cette affreuse histoire. Enfant, il l´avait entendu de ses parents et surtout des vieilles sorcières du village qui se signaient dès qu´il était question d´une promenade ou d´une chasse là-haut… Là-haut, c´est comme ça qu´ils nommaient cette place où depuis trente ans vivait le géant muet, l´homme qui avait perdu sa langue et en plus – dans l´esprit faible des habitants du village apeurés – aussi sa raison. Matteu avait grandi aussi avec cette image de l´ermite et il ne pouvait pas faire autrement que de croire les adultes, qui avaient connu cette homme et qui savaient mieux que tous ce dont il était capable… Le jeune garçon était alors âgé de treize ans, passionné des montagnes et des poissons, mais aller là-haut, non, il ne voulait pas y aller, il n´osait même pas jouer avec cette idée!
Un jour de printemps le jeune garçon était aller pêcher seul, avec sa canne et son épuisette. Il pris le chemin au-dessus du village, comme toujours, par les chemins couverts de vielles pierres sèches qui avaient été posées par ses ancêtres; il y avait là un vieux moulin avec une magnifique aire de battage, aussi rond qu´une hostie. Dans le temps/ autrefois grand-papa et les vieux du village battaient le blé ici: on disait que l´ermite, avant qu´il n´ait perdu sa raison et qu´il ne se transforme en monstre assoiffé de sang venait donner dun coup de main de temps en temps. Il s´assit un instant pour préparer son matériel de pêche et savoura le soleil et la quiétude de cette place, près du cliquetis du ruisseau qu´il suivrait toute la journée. Il mis sa canne à l´eau et aujourd´hui cela promettait une belle journée! Les poissons semblaient affamés et des qu´il en avait remis à l´eau un autre se jetait sur son hameçon. C´était un jeu entre lui et les animaux, qu´il respectait et qu´il essayait toujours de sauver. D´une place à une autre, il poursuivit son chemin, tout en profitant plus encore des rayons du soleil et de l´eau fraîche, il semblait enchanté… Il en oublia tous ses soucis, toutes ses peurs et se laissa aller de la berge du ruisseau, et sans s´en rendre compte traversa le pont du village… Il passa alors le dernier village, encore un peu plus haut les derniers champs, les derniers poulaillers… on pourrait pratiquement dire qu´il avait atterri là-haut… Mais aujourd´hui il est grand et courageux, aujourd´hui c´est une fête que de pêcher et il ne se laissera pas arrêter par les dire médisants de quelques vieilles dames ennuyées…
Maintenant il marche le long du ruisseau, montant la pente, sous les châtaigniers, les abords du ruisseau se transforment en pentes dangereuses et raides. La cohue des chutes d´eau qui se déversent avec fracas résonne dans sa tête et l´enfant est épuisé par ses efforts, il est complètement hors d´haleine. Ses yeux brûlent à cause de la réverbération du soleil sur l´eau claire. Il trébuche et perd l´équilibre, il essaye de se rattraper et il tombe dans l´eau glacée… Sans qu´il ait le temps de crier au secours il est submergé par l´eau glacée et il n´a plus de force pour résister au courant qui l´emporte comme une feuille morte. C´est alors qu´il pensa à sa famille, aux gens du village qui lui avaient dit de ne jamais aller en haut, qu´en cas de danger personne ne viendrait le secourir… au moment où il perdit connaissance il pensait que sa fin était venue…
Lorsqu´il ouvrit les yeux il était enroulé dans des draps chauds, pratiquement nu, près de lui une cheminée et une vieille casserole avec de l´eau bouillante. Sur le mur couvert de suie pendait une lampe tempête, comme celle de sa grand-mère, autrefois. Plus loin, dans l´ombre, se trouvait un homme qui lui tournait le dos, il semblait occupé, Matteu ne pouvait pas voir ce qu´il était en train de faire, mais le cliquetis d’une lame de couteau ne le mit pas à l´aise… D´un seul coup, la légende de l´ermite lui revint en tête et l´enfant commença à pleurnicher, il essaya de s´enfuir mais il était trop faible et s´étala sur le pas de la porte. A ce moment, l´homme se leva d´un coup et vint vers lui, l´enfant était figé par la peur… Mais ce qu´il vit alors, il n´aurait pas pu l´imaginer: l´homme qui se trouve maintenant à côté de lui, tout près, a un visage serein et calme, il a plus l'air d´un gentil vieillard que du monstre qu´il pensait avoir trouvé! L´ermite lui tend la main et l´aide à s´assoir près de la cheminée, tous les deux sont hébétés et se regardent dans les yeux… Ghjuvan-Carlu n´a pas vu la tendresse du visage d´un enfant ces trente dernières années: la pureté mais aussi le tourment dans le regard de Matteu l´attendrissent profondément et pour la première fois depuis bien longtemps il commence à parler: « Di quale sì u me caru? » (Qui es-tu, mon jeune homme?), demande t-il avec une voix tendre et calme. Mais Matteu ne répond pas. Le vieil homme lui passe sa main dans les cheveux pour le mettre à l´aise et lui demande: « I to genitori ùn t’anu micca amparatu à parlà? » (tes parents ne t-ont ils pas appris à parler?). Alors l´enfant troublé commence à bégayer: « Oui mais je comprends pas beaucoup le Corse monsieur, je suis désolé… »
L´ermite pense devenir fou: comment est-ce possible que ce jeune garçon n´ait jamais appris le Corse ? Les choses auraient-elles complètement changé au village ? Troublé et cogitant, il retourne à table et met la dernière main au repas du gamin: une soupe succulente avec des légumes de son potager sur la colline. Il la met sur le feu et va dehors chercher les vêtements secs de Matteu, qui semble être rassuré maintenant qu´il voit que l´ermite prend soin de lui. Il fait confiance au vieil homme et le suit au-dehors. Là, il regarde enchanté: la cabane de berger est complètement retapée, avec de la terre rouge et un toit comme autrefois; chaque sillon est semé par une main experte et des fleurs de printemps fleurissent au milieu des oliviers et des châtaigniers.,Un peu plus loin se trouve une cloche à fromage avec un fromage qui avait été préparé le matin même – serait-ce ici-en haut le paradis dont il a si souvent rêvé ? Matteu en devient envouté et part d´un fou rire tout en tenant fermement la main de celui qui l´avait sauvé, soigné et qui l´a emmené vers son endroit rêvé. Le vieillard l´emmène vers un orme et sous l´arbre ils se mettent à discuter en langue Corse, la langue que Matteu a toujours eu en affection et qui maintenant s´impatiente de ne pouvoir s´épanouir. Ils restèrent pratiquement deux heures assis, mais le soleil était sur le point de se coucher derrière les montagnes et Matteu devait rentrer avant que ses parents ne se fassent beaucoup de soucis. L´ermite éclata en sanglots quand il vit l´enfant partir et il lui fit promettre de revenir le voir le plus vite possible.
L´ermite n´eut pas longtemps à attendre: le lendemain alors qu´il revenait de la pêche il trouva le garçon sous le même orme. Matteu brûlait d´impatience de parler la langue adorée des ses ancêtres, cette langue qui était pratiquement oubliée dans le village, et c´est ainsi que naquit une véritable amitié et une passion commune entre deux camarades. Ils se parlèrent des heures entières, sous l´arbre ou se promenant sur les sentiers. S’ils allaient pêcher ou chasser, le vieillard et l´adolescent étaient inséparables. Chaque jour où Matteu voyait la chance de s´extirper vers les montagnes, ils étaient heureux de se retrouver comme des jumeaux. De plus Ghjuvan-Carlu n´était plus jeune et son ami l´aidait à semer, à arroser le potager, à couper et ranger du bois pour l´hiver, ou à rechercher les chèvres dans la montagne. C´est ainsi qu´il apprit la dure vie de berger, et très sincèrement cela lui plaisait énormément. Mais plus encore, il savourait les poèmes et les contes que lui narrait Ghjuvan-Carlu, ils passaient des journées entières sous l´arbre pour parler et Matteu était devenu un expert de langue Corse. Même ses professeurs ne pouvaient assumer sa soif d´apprendre et son envie de partager … Même lorsque le temps était mauvais et qu´il ne pouvait pas se rendre dans la montagne, il restait chez lui à lire et à écrire assis au coin du feu. Il aimait aussi les sculptures en bois du vieil homme: le crucifix au-dessus de la porte de la cabane de berger l´impressionnait toujours et Ghjuvan-Carlu avait fait plusieurs sculptures pour lui: un berger, un pêcheur, une paire de sangliers taillée dans le bois d´un châtaignier… Et pour Noël il lui avait promis de faire une sculpture de l´arbre sous lequel il avait découvert son amour pour sa Sainte langue et qui était aussi le symbole de la grande amitié qui s´était épanouie entre les deux véritables amis!
A table, Matteu ne mangea pratiquement rien, il avait un nœud à l´estomac à cause de l´angoisse qui l´avait saisi, il était ennuyé et ce soir il devrait bien dévoiler son secret. C´est alors qu´il raconta à son père que depuis deux ans déjà il s´était lié d´amitié avec l´ermite, qu´il estimait le mot amitié trop léger. Il raconta aussi ces moments de bonheur qu´il avait vécu là-haut, qu´en haut ce n´était pas l´enfer mais simplement le paradis pour celui qui qui veut découvrir la liberté, l´air pur, des sommets intacts et la véritable signification de fraternité et d´amitié. Mais aussi qu´il se faisait du souci parce que ces derniers jours Ghjuvan-Carlu était fatigué, il avait du mal à se bouger et ne voulait pas aller à Bastia pour se faire soigner. De plus il avait promis de venir en fin d´après-midi lui apporter son cadeau et il ne s´est pas montré: il était absolument essentiel de se rendre en haut demain matin sitôt que le soleil se lèvera. C´est ce qui arriva le lendemain, père et fils partirent dans la montagne à six heures, il faisait encore frais mais Matteu n´y faisait pas attention, tant il désirait des nouvelles de son ami. Après une heure de marche ils virent la cabane de berger sur la crête ensoleillé et un peu plus bas, près du ruisseau, l´orme de l´ermite.
Comme il était assis sur une pierre, avec son dos contre l´arbre et sa casquette rabaissée sur ses yeux Ghjuvan-Carlu semblait contempler l´horizon, alors que son troupeau de chèvres était autour de lui et que son chien dormait sur ses genoux pour lui tenir chaud. Le gamin ne pouvait pas attendre davantage et marcha si vite qu´il faillit se rompre le cou, il faillit presque tomber dans l´eau, comme il y a deux ans; il court avec un sourire sur le visage, comme s´il voulait attraper les oiseaux volant dans le ciel clair. Son père ne pouvait pas soutenir son rythme. Il arriva au milieu des chèvres, hors d´haleine mais heureux de pouvoir embrasser Ghjuvan-Carlu. Mais d´un seul coup il resta saisi comme touché par la foudre: le vieux ne dit pas un mot, même pour le saluer, sa peau est grisâtre et ses yeux sont fermés pour l´éternité. Sans parler, même sans crier Matteu s´agenouille à côté de lui et serre la main du vieillard fermement comme il l´avait fait le premier jour, et il commence à pleurer en tremblant, la tête baissée. Autour de lui les chèvres semblent aussi abattues, les oiseaux se sont envolés et il pleuvine, pratiquement sans faire de bruit, comme pour honorer le désespoir de l´enfant et tout en lui rapellant le temps qui passe et qui entraîne le long de la rivière de la vie nos vieux, avec leur savoir et leurs secrets, avec une partie de notre culture et notre histoire… Le père s´approche sur la pointe des pieds, s´assoit près de l´enfant abasourdi et trouve la sculpture en bois. Sous le cadeau, le vieil homme avait en plus laissé un poème destiné au garçon:
Induvinella
Eramu in un paisolu
Case viote è trafalate
Stu paese hè sempre in dolu
Tutti si ne sò andati
Pensa un zitellucciu
Tristu in le so chjappate.
A campana di a ghjesgia
Ùn pò più chjamà à nimu
Sott'i vechji tetti grisgi
Da la valle à le cime
Loch'è chjose abbandunate
Ancu e muvre sò scappate.
Pensa lu zitellu solu
Quand'è lu sole si ciotta
Ma in le fronde di l'olmu
Quand'ella fala la notte
Zitellucciu arechji tesu
Li s'hè parsu d'avè intesu.
Ellu hà intesu in li rami
Una voce chì dicia
Ella hà vistu in li rami
Una luce chì nascia
Stà mi à sente o zitellu,
È u chjamava fratellu.
À lu pede di quell'olmu
Bagnatu di ragi d'oru
Zitellu di gioia colmu
Avia trovu un tesoru
Un fiore chì pianu sbuccia
In le mane di a fatuccia.
Dimmi tù zitellu d'oghje
U nome di stu tesoru
Dimmi tù zitellu d'oghje
Ciò ch'ell'era tuttu st'oru
Chì hè fughjitu lu dolu
Rinvivitu u paisolu
Si chjamava stu tesoru
Lingua nostra è era d'oru
Auteur: MM (du Foru Corsu)
Traduction: Marleen Verheus/Laurent Lohez
Devinette
Nous étions dans un village
De maisons vides et croulantes
Ce village est toujours en deuil
Tout le monde est parti
Pense un petit garçon
Triste, errant dans les ruelles.
La cloche de l’église
Ne peut plus appeler personne
Sous les vieux toits gris
Des vallées aux sommets
Il n’y a que des lieux et des jardins abandonnés
Même les mouflons sont partis.
Pense l’enfant tout seul
Lorsque le soleil se couche
Mais dans les feuilles de l’orme
A la tombée de la nuit
Le gamin, l’oreille tendue
Croyait avoir entendu quelque chose.
Entre les branches il a entendu
Une voix qui parlait
Entre les branches il a vu
Une lumière qui se produisait
Ecoute-moi, ô garçon
Et elle l’appelait frère.
Au pied de cet orme
Baignant dans des rayons d’or
L’enfant, comblé de bonheur
Avait trouvé un trésor
Un fleur qui éclot lentement
Dans les mains d’une petite fée.
Dis-moi, enfant d’aujourd’hui
Le nom de ce trésor
Dis-moi, enfant d’aujourd’hui,
Ce qu’était tout cet or
Car le deuil s’est enfuit
Et le village est rendu à la vie
Ce trésor s’appelait
Notre langue et il était d’or