Interview - Tra Noi & L'Invitu juin 2008
12 juin 2008

La moitié de Tra Noi (Laurent, Suzan et leur fils de 4 ans Julien), L'invitu (Jean-Claude et Anne-Marie Casanova), Joëlle et Jean-Paul Pillot (deux vrais fans français) se rencontrent dehors devant U Carubbu à Lumio.

Le premier rendez-vous avait été fixé au 10 juin mais il n'avait pu avoir lieu, parce qu'A Filetta participa à une émission de télévision à Paris. Pour ce nouveau rendez-vous, Jean-Claude et Jean-Luc n'ont pas pu se libérer.

Pendant que l'on se salue arrivent Paul et sa femme Lucie, ainsi que Ceccè. Maxime descend l'escalier tout en se penchant sous la haie couverte de fleurs. Nous sommes tous embrassés à tour de rôle et entrons. U Carubbu est la maison principale d'A Filetta. Deux fois par semaine, c'est là qu'ils se rencontrent pour répéter. C'est une imposante maison carrée que l'on peut reconnaître de loin. L'intérieur est vaste, frais et sous les voûtes cela ressemble un peu à une énorme cave à vins.






Guide Maxime...

Maxime se transforme en guide et nous fait découvrir la maison. Le bureau de Valérie (manager) est surchargé. Il est évident qu'on y travaille beaucoup. A en juger par les énormes tas de dossiers amoncelés sur le bureau on peut voir qu'ils sont juste  rentrés  de tournée. Partout sur les murs sont accrochées des affiches de concerts et de tournées passés, mais aussi des œuvres d'arts réalisés par des fans.

Nous montons l'escalier à colimaçon en direction de la terrasse où nous avons une magnifique vue sur Lumio, sur la baie de Calvi et Calvi elle-même. Maxime est passionné d'histoire et nous conte le passé de Lumio et des ses environs. Entre-temps Valérie et Lucie sont dans la cuisine et préparent le repas. Nous prenons place autour d'une grande table et le champagne est servi. Après un agréable et délicieux repas nous nous rendons au bureau de Valérie. Maxime et Ceccè ne peuvent pas rester. Nous faisons l'interview avec Jean, Paul et José.







Champagne !!!

30 ans A Filetta

Jean-Claude : A Filetta existe cette année depuis 30 ans. Quel bilan faites vous de ces années passées ? Y a-t-il des choses que vous regrettez ou justement pas ?
Jean : Non, nous n'avons pas de regrets. Nous sommes toujours derrière ce que nous faisons, et nous le faisons avec beaucoup de plaisir. Nous n'avons pas toujours été d'accord sur différents projets. Et même si parfois au début nous n'étions pas tous convaincus de leur utilité, nous en sommes finalement tous sortis grandis. Ce fut un beau parcours. J'espère que cela va encore durer, bien que les années commencent à peser.
José (blaguant-prenant une voix rauque ): Surtout les voix !
Jean : Des regrets de choses que nous n'avons pas faites ? Nous avons fait beaucoup de choses et c'est sur que nous avons encore beaucoup de choses à faire. Nous verrons les opportunités que le temps nous laissera.

  
Au sujet du nouveau CD «Bracanà»

Laurent : A propos de Bracanà. Une question sur le chant «1901» Je suppose que Tao est maintenant décédé. Est-ce que «1901» est basé sur des récits ?
Jean : J'ai connu Tao à Calvi, L'histoire de « 1901 » est liée à notre rencontre avec les chanteurs Géorgiens, mais surtout avec l'amour et la passion que nous partageons avec Jean Temir. Il est l'un des fils de Tao. «1901» est écrit en l'honneur de Tao et du père de Cathy Antonini, ma tante par alliance. Tao est venu en Corse et a vécu ici. Le père de Cathy était un Géorgien du Caucase et a été exilé en France. Cathy s'est mariée avec mon oncle et a fait souche en Corse.
Notre amour pour ce pays viens du chant Géorgien. Nous avons déjà chanté un certain nombre de fois en Géorgie. Pour moi personnellement, les rencontres de ces chanteurs et  de leur pays fait partie des plus belles. L'accueil qui nous y a été réservé est indescriptible tellement il fut fort. «1901» est un hommage à ce pays et deux personnes qui ont donné des enfants à la Corse, à la cohésion de deux pays par le biais du chant et surtout par celui de l'amour pour l'humain. 

   
Jean-Claude : A l'origine de votre nouveau CD «Bracanà», il était prévu des musiques de Bruno Coulais. Ce n'est plus le cas. Avez-vous changé d'avis ?   
José : Nous avons enregistré ce CD une première fois l'an dernier. Nous avions opté pour une prise de son voix par voix. Au mixage nous sommes arrivés à la conclusion que ce n'était pas le bon choix. C'était sans vie, il n'y avait pas de cohésion. Nous avons décidé de l'enregistrer à nouveau et cette fois sans les 2 morceaux de Bruno Coulais.
Paul : Plus tard nous voulons nous concentrer sur la musique de Bruno Coulais. Cela nous semble préférable de regrouper ces musiques. Deux morceaux, ça tombe un peu comme un cheveu dans la soupe.
   

Jean-Claude : Finalement «1901» et «Treblinka» sont les seuls nouveaux chants. Et pourtant cela semble nouveau ! Comment cela se fait-il ?
Paul : La musique n'était pas encore figée sur CD.
José : Pour ce qui est de l'écriture de la musique, ils ne sont pas plus compliqués que les anciens. Pour nous, il n'y avait pas de différence.
Jean : Je suis en partie d'accord avec toi. Même si les chants ne sont pas encore figés sur CD, à partir du moment où tu les as entendu une première fois, ils évoluent, et nous aussi.
José : C'est la même chose avec les chœurs de «Médée». En 1997, ils étaient autrement qu'aujourd'hui.

   
Jean-Claude : Pourquoi avez-vous enregistré à nouveau « L'invitu » ?
Paul : Nous n'étions pas entièrement satisfait de la version de «Médée». Le son et nous aussi ressortions comme étouffés. Nous pensons à réenregistrer «Médée»
Jean : Personnellement je le considère comme notre œuvre majeure. Cela ne me dérange pas de retrouver des morceaux sur différents albums, comme «Intantu».


Laurent : Une question à propos de la monodie de Jean-Luc. Elle a été écrite par un poète pour sa mère. Comment est-ce pour lui de la chanter ?
Paul : Le chant n'a pas été écrit  pour sa mère. Pampasgiolu l' a repris et a chanté pour sa mère. Je ne peux pas parler pour Jean-Luc. C'est important pour lui, il voulait l'enregistrer.
   

Jean-Claude : Il y a des chants avec sept voix différentes, comme «Benedictus».
José : Dans «Benedictus» et «Dies Irae» on entend sept voix différentes. Après on change comme dans les autres chants mais ce n'est pas difficile.
   

Laurent : Au sujet de «Beati», cela vient-il directement de la Bible ?
Paul : Oui, des béatitudes (Mathieu 5 : 3-12). Elles ne sont pas entièrement chantées mais c'est de là que ça vient.
   

Laurent : Votre inspiration pour le «Via Crucis» vient-elle uniquement de la Bible ou y a t-il d'autres sources d'inspiration ?
Paul : «U Sipolcru» et «U cantu di l'acqua» ont été écrit par Jean-Claude. Tous les autres textes sont liturgiques.


« Treblinka » et les bourdons

Jean-Claude : D'après les différentes conversations que nous avons eues «Treblinka» a été composé en très peu de temps.
José : Elle a été composée ici, au Carubbu. Le texte est de Jean-Yves Acquaviva. Jean-Claude alla s'assoir un jour derrière le piano et  dit «j'ai peut-être un thème pour ce chant». Il commença à jouer le thème. Nous nous placèrent tous autour du piano et y ajoutèrent notre approche personnelle. Nous pensions aux bourdons.


Jean-Claude : Justement, à propos des bourdons ! C'est nouveau ce que vous faîtes est unique n'est-ce pas ?
Jean : Il est fait avec la bouche fermée.
José : Max fait la voix la plus grave. Jean, Ceccè et moi faisons un bourdon. Ceccè varie entre un bourdon et une voix.
Paul : Il y a aussi le bourdon aigu.
José : Jean-Luc chante les dissonances dans l'avant dernier couplet.
Jean : A un certain moment nous varions tous. Tu ne changes pas toi ?
José : «Eu, ùn cambiu micca». Moi ? Je ne change qu'à la fin pour une voix plus haute.

Jean-Claude : L'avez-vous ensuite longuement travaillé ?
José : Non, il a été fixé rapidement. Du point de vue technique, il est facile.


Croyance

Jean : Etes-vous croyants ? Parce qu'ici vous êtes avec les mécréants du groupe !
José : Je suis croyant mais je ne vais pas à l'église.
Paul : Nous essayons de suivre la philosophie mais avec tout ce qu'on nous raconte …
José : C'est une partie de notre culture, nous dépassons la religion. Inconsciemment nous l'avons  reçue dans notre éducation. Il y a souvent des doutes.
Paul : Je n'ai plus de doutes ! Il y a des gens qui à la fin du concert nous demandent de quel ordre nous faisons partie ? Vous devez être tous très croyants !

Anne-Marie : Dans tous les cas, vous êtes très convaincants!
Jean-Claude : Vous êtes des propagandistes de la croyance sans en être  conscients!
Paul : Nous adhérons à la philosophie. Ce serait la même chose avec une autre religion, le respect de l'autre …


La place de la voix

Jean-Claude : Pendant un concert récent, il m'a semblé entendre une différence entre ce que vous faisiez habituellement et ce que vous faîtes maintenant. Avez-vous changé votre manière de travailler l'arrangement des chants ?
José : Pour moi, il n'y a pas de différences. Nous chantons depuis 30 ans de façon traditionnelle. Chaque note est un combat permanent. Même pour un chant que nous sommes habitués à chanter.
Jean-Claude : Je veux dire pas seulement l'expression mais aussi la technique, au niveau du travail de chaque voix.
José : Non, nous pouvons toujours nous tromper. Même si nous chantons depuis 30 ans on peut se relâcher. Même en technique. L'un de nos premiers concerts de cette année à Calvi fut une catastrophe. Nous pensions, ces chants sont murs. Nous chantions « Sumiglia » et bien nous l'avons estropié, nous devons toujours revenir sur les chants. C'est aussi pour ça que les chants changent. Les chants de «Médée», «Dies Irae», «Benedictus» et «Treblinka» seront d'ici 2 à 3 ans différents.
Paul : Et la venue de nouveaux chanteurs a changé notre technique.
José : Jean, Max et moi faisions les bourdons. Lorsque Ceccè est arrivé, une nouvelle voix nous a déstabilisé. Sa voix devait trouver sa place, on perdait notre équilibre. Cela dure toujours un peu avant que l'on soit habitué à une nouvelle voix.


Jean-Claude : Est-ce que la venue de Jean-Luc, à l'époque, a changé la place de Paul dans le groupe.
José : Honnêtement, je ne le pense pas.
Jean : Paul est pratiquement resté  la voix aigüe. Il chantait peu en seconda, la plupart du temps en terza et c'est resté comme ça. Quelque fois Paul chante la voix la plus haute et quelque fois Jean-Claude, mais pas Jean-Luc. Jean-Luc chante plus en seconda.
Paul : La venue de Jean-Luc a changé ma façon de chanter.
Jean : Pas sa place, mais sa façon de chanter.
Paul (rigolant) : Il n'a pas encore mon niveau !


Jean-Claude : A l'époque nous vous connaissions moins. Les enregistrements étaient de qualité inferieure et nous avions du mal à reconnaître vos voix.
José : Ca vient de l'écriture. Quand tu écris pour 7 voix sans avoir une voix leader comme dans «Benedictus» ou «Dies Irae», à un certain moment tu entends toutes les voix.
Jean-Paul : Aussi en réécoutant, tu te concentres davantage  sur les voix.
Paul : Et nous ne chantions pas tous ensemble, nous doublions les basses. Ma voix s'est affinée. Jusqu'à l'enregistrement de «Passionne» ma voix est placée de façon différente.
José : Ca n'a rien à voir avec la venue de Jean-Luc.
Paul : Sa manière de chanter m'a influencé.
Jean : Jean-Luc a une très belle voix, mais il a eu besoin de beaucoup de temps pour trouver sa place, plus que Ceccè.
Jean : Il existait déjà 5 voix. Lorsque Jean-Luc chantait, on entendait Jean-Luc et les autres. Cela a pris beaucoup de temps pour que sa voix fusionne avec les nôtres.
José : Cela doit murir, et cela prend du temps.
Jean : Nous lui avons beaucoup apporté !
José : Surtout Paul. Paul a une superbe voix et je lui dis toujours qu'avec une voix comme la sienne je ferais une carrière solo.


Jean-Claude : Vous tous ! On peut l'entendre sur «Si di mè».
José : Il y a des voix plus ou moins jolies pour chanter seul. Jean-Luc et Paul on de belles voix pour faire une carrière solo. Nous préférons trouver une harmonie dans notre façon de travailler. Pouvoir chanter en solo n'a jamais été une condition pour l'intégration d'un nouveau chanteur.


Jean-Claude : Il ya des chanteurs qui sont partis, même s'ils avaient de belles voix !

Paul : Bien que nous ayons de bonnes relations, ils n'ont pas réussi à se fondre dans le groupe. Ils le sentirent eux-memes.
José : La vie commune est difficile. C'est multiplier par sept ! Chacun à sa façon de dire, de voir les choses, sa personnalité, et ça se joue à de petites choses…


Laurent : Que se passe t-il lorsque vous n'êtes pas d'accord ?
José : Cela arrive quelque fois, nous ne disons rien, mais tu sens que cela ne va pas. Il faut que l'on s'explique. Nous nous engueulons, on se réconcilie et on recommence à nouveau. C'est comme ça que ça se passe généralement.


Laurent : Pourquoi avez-vous choisi uniquement la voix de Jean-Luc sur «Cuntrastu» et non pas deux pour renforcer le jeu entre homme et femme ?
Jean : Nous y avons pensé, avec Paul ou avec Jean-Claude. Nous avons abandonné cette idée par manque de temps. Il nous paraissait préférable dans un premier temps de n'utiliser que la voix de Jean-Luc.
José : Et il y aussi le fait que Jean-Luc a baigné dedans. Il était à sa place.
Jean : C'est vrai que ce chant en donnait la possibilité. J'aurais bien aimé, cela aurait été intéressant. Peut-être sur un prochain CD.


Chant traditionnel ou pas ?

Jean-Claude : Avez-vous déjà pensé à faire un jour un concert uniquement avec vos créations ? Ou voulez-vous conserver la tradition ?

José : C'est ce que nous faisons pratiquement. Enlève la «Paghjella» et la monodie et nous y sommes.
Paul : Nous voulons que le chant traditionnel perdure. Nous en avons besoin pour laisser entendre d'où on vient et jusqu'où nous pouvons aller.
Jean : Quelques uns de nos chants sont pratiquement traditionnels. C'est le cas de la messe de Sermanu qui n'est pas si âgée que ça. Le «Tantum Ergo» a été écrit en 1957 et est maintenant traditionnel. Les puristes le revendiqueront. La tradition est quelque chose qui existe toujours, qui évolue.


Ce qui reste à venir …

Jean-Claude : Nous pourrions parler de chaque chant mais continuons plutôt avec vos projets.

Jean, Paul et José appellent en même temps : Valérie !
Valérie : Vous ne connaissez pas les projets ?
Jean : Demain, nous chantons avec Daniele di Bonaventura. Quelques chants que l'on a fait avec lui pour «Culomba»
Paul : Nous avons une rencontre avec Danyel Waro. Jean-Claude a écrit 5 arrangements et Danyel 2 ou 3.







Valérie !!!

Jean-Claude : Travaillez vous à de nouvelles créations ?

Paul : Non. Il y a une amorce de projet sur la «Grammaire de l'imagination». Peut-être que cela sera une grosse surprise.
Jean : Nous avons encore beaucoup de choses que nous voulons fixer alors pour le moment pas de nouvelles créations. Le travail avec Paolo Fresu va demander un gros travail de création de Jean-Claude. Nous y pensons maintenant car c'est pour l'automne prochain.


Jean-Claude : Nous aimerions beaucoup un CD ou DVD Live. Principalement parce qu'un spectacle en Live est beaucoup plus chaud qu'un enregistrement sur CD.
Y avez-vous déjà pensé ?

Paul : C'est très difficile. Cela demande du gros matériel, un ingénieur du son. Et il faut aussi penser aux différents acoustiques dans une salle ou dans une église…
Jean : Nous y avons déjà pensé pendant les spectacles de «Médée».
Paul : Nous sommes rarement satisfaits de nos enregistrements … alors Live…
Jean : Les fautes que tu fais ne sont plus rattrapables.


Laurent : Chantez vous de préférence pour le public ou pour l'enregistrement d'un CD ?
Paul : Les deux sont importants. Mais, laisser des traces derrière soi n'est pas fondamental. Le plus important est d'aller à la rencontre du public. Il y a des musiciens de musique classique qui n'ont jamais rien enregistré. Nous sommes généralement plus satisfait d'une rencontre que d'un CD.
Jean : Un CD est vite oublié. Tu les réécoutes rarement.


Jean-Claude : Ecoutez vous vos premiers CD ?
Paul : Non !
Jean : «Una tarra ci hè» je l'écoute encore avec plaisir.
Paul : Nous sommes toujours critiques. Nous écoutons nos CD comme si c'était ceux d'un autre.


Amateurs de musique

Jean-Claude : Qu'écoutez vous comme autre musique ?
Paul : Tous les styles, classique, rock, hard rock. Mais aussi la musique des 20-30 dernières années, la musique du monde…

Jean-Claude : Et du jazz ?
Jean : Il y a peu d'amateurs de jazz dans le groupe.
José : Je n'aime pas trop.


Jean-Claude : Pourtant vous avez un «phrasé» assez jazz
José : Le seul concert que j'ai apprécié c'était pendant notre second séjour en Géorgie. Nous y avons vu Michel Petrucciani et j'ai beaucoup apprécié.
Jean : Cela ne fait pas partie de notre univers. Et pourtant c'est avec Jean-Louis Longnon avec qui nous avons travaillé en commun la première fois. Peut-être que nous ne connaissons pas suffisamment.






Laurent avec Jean, Paul et José.


Jean-Claude : Alors votre rencontre avec Jaume et Fresu a du être un choc !
José : Non, ça c'est passé naturellement, sans aucune difficulté.
Jean : Ce fut un choc au sens positif, celui du plaisir de la rencontre. Mais en aucun cas de styles qui se sont heurtés. Nous y avons trouvé quelque chose sans que nous le cherchions. D'une façon très naturelle avec Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura.


Suzan : Quelle musique doit-on écouter pour découvrir la Corse ?
(Rires)
Paul : Ce n'est pas la peine de se polluer les oreilles avec de la musique. Regarde, écoute et sens ! Peut-être que cela évoquera des émotions, et peut-être que tu auras alors envie d'écouter de la musique.
Jean : Tu attends de nous que nous parlions d'autres musiques que celle d'A Filetta ? C'est difficile !
Paul : Ma fille écoute Thomas Dutronc. Elle dit : «ce n'est pas un CD Corse mais c'est une belle musique pour découvrir la Corse».
Jean : Je trouve la musique d'Ange Lanzalavi bonne.
José : Et il y a les frères Vincenti.
Jean : C'est plus pour les Corses que pour quelqu'un qui découvre la Corse… C'est très joli, mais …non, je pense plus à A Filetta. Tous les groupes apportent quelque chose : I Muvrini, Canta u Populu Corsu en d'autres groupes polyphoniques…


Laurent : Jean-Claude Acquaviva vous encourageait à écrire. Où en êtes-vous ?
Paul : J'essaye de lire l'alphabet, j'ai commencé à colorier !
José : On n'ose pas.
Jean : José à écrit quelques morceaux sur son ordinateur.
José : Non, je n'ose pas.
Jean : C'est dommage car il le pourrait.
José : J'ai écrit pour Sonni Zitellini


Musique de film.

Jean-Claude : A propos de «Max & Co» ?
Jean : Le film est sorti sur les écrans mais nous y intervenons que très peu. Comme souvent dans les musiques de film nous enregistrons beaucoup mais c'est souvent coupé. Le film est sorti en même temps qu'Astérix et Obélix. Je ne sais pas s'il a eu du succès.
Jean-Claude : De toute façon, j'ai entendu qu'il y avait dedans un morceau hilarant…
Jean : Ah oui !


Jean-Claude : «Marco Polo» n'a jamais été enregistré …
José : Nous avons chanté 2 chants de «Marco Polo» en concert.
Jean : Peut-être que cela fera partie d'un CD.
Paul : Et les chants de «Vidocq». Il y a suffisamment de matériel pour enregistrer un CD.


Laurent : Avez vous vu le film «Don Juan» ?

Jean : Oui
Paul : C'est un long morceau, ça c'est sûr.
José : C'était pour moi nouveau, la musique de film.
Jean-Claude : D'après moi le plus beau résultat final est «Himalaya».
José : «Le peuple migrateur» avait aussi beaucoup de musique. Le producteur en a coupé beaucoup car il avait peur que notre musique ne passe pas avec les images.


Laurent : Julien a encore une requête : voulez vous chanter quelque chose pour lui ?

Nos amis chantent quelques couplets de «Lettera á Mamma». Pour le plus grand plaisir de Julien et le notre … Vous pouvez voir ici la vidéo.



Cette interview est une interprétation de l'entretien qui s'est déroulé en Corse, vous pouvez lire la version intégrale sur L'Invitu.

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