Donna Corsa décembre 2009
Vous êtes souvent en déplacement, cela a-t-il une influence sur votre vie personnelle ?
Oui ! Surtout lorsque j´étais jeune. Je me déplaçais beaucoup, lorsque je travaillais, les autres étaient en vacances et inversement , cela m´embêtait un peu : je ne voyais pas mes amis. Et dans ma vie de famille, c´était assez compliqué à gérer : on est rarement à la maison avec nos proches. C´est un équilibre à trouver.
Vous l´avez trouvé ?
J´essaye …
Au cours de votre carrière, avez-vous rencontré des artistes féminines ?
J´aime beaucoup le travail de Patrizia Gataccega. Son caractère et sa musique la rendent unique. Nous avons travaillé ensemble et avec Patrizia et Lydia Poli. Bruno Coulais avait composé un chœur pour A Filetta et trois voix féminines, ce fut un très beau projet. J´ai aussi été extrêmement marqué par un chœur de femmes bulgares avec lesquelles nous avons chanté. Si je devais avoir des idoles, ce seraient ces femmes du groupe eva quartet. Les groupes de chants bulgares sont essentiellement composés de chanteuses qui ont poussé l´art de la polyphonie à l´extrême. Leur maîtrise du rythme et de l´harmonie est époustouflante, et la composition très riche. En septembre lors d´à l´iniziu c´era voce, nous découvrons les chanteuses du monde et leurs cultures vocales, la aussi c´est enrichissant.
Dans votre répertoire de chants, y t-il beaucoup de textes qui s´adressent aux femmes ?
Il y a les sérénades, -ou chants traditionnels d´amour -, notamment deux que je chante sur Bracanà. Un « contrastu » est une forme de dispute entre un homme et une femme. La sérénade « Lode à una zimpatica zitella » a été une chanson écrite par Pampasgiolu, un poète Niolin. Il a repris les strophes en les dédiant à ma mère. A ma manière, j´ai rendu hommage à ma mère et à Pampasgiolu. A la fois cela m´a semblé naturel et symbolique. Il y a aussi les berceuses, avec A Filetta nous avons explorer cela avec un style rock ! Nous avons aussi repris une nana traditionnelle géorgienne de nos amis des Voix de Géorgie…
Enregistrement avec Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura : Mistico Mediterraneo
En octobre 2006,, l´Aghja a été à l´initiative d´une belle rencontre entre A Filetta et des musiciens de jazz. Paolo Fresu (trompette) et Daniele di Bonaventura (bandonéon).
Il s´agit de deux excellents jazz-men de nationalité italienne dont la renommée est internationale. Un disque est prévu pour le printemps (distribution Harmonia Mundi) et une tournée en novembre de la même année.
Enregistrement du CD : Di Corsica Riposu, requiem pour 2 regards
De tous temps, en Corse, la tradition a consacré une place importante au culte des morts.
Depuis plus de trente ans maintenant, bien des ensembles de l´île ont révélé au grand public l´existence de ces requiem traditionnels chantés en polyphonie (Rusiu, Sermanu, Ascu, Olmi capella, Sartè, Calvi, …).
Di Corsica Riposu, « Requiem pour deux regards » est une création commandée par le Festival de Saint-Denis en 2004. Il s´agit d´un requiem en latin, à sept voix, ponctué de textes dits ou chantés en plusieurs langues – corse, français, italien – issus de la littérature moderne (Borgès, Primo Levi, …).
La sortie du requiem est prévue en novembre 2010.
Résidence – Création : A Filetta et Kodo
Un travail de création avec le groupe de percussionnistes japonais Kodo, peut sembler assez improbable.
Mais par bien des aspects, ces deux ensembles ont connu des trajectoires qui se ressemblent:
Cette création prometteuse, se propose de rapprocher ces deux îles en conjuguant les talents. Ce travail sera présenté au Japon en août et aux Rencontres de Chants Polyphoniques à Calvi en septembre.
Son (Jean-Luc Geronimi) actualité avec le groupe A Filetta est dense durant la première partie de l´année 2010. Ce chanteur évoque avec DONNA CORSA son métier et le rapport du chant aux femmes dans son parcours.
Source: Donna Corsa J.F.Rouchon