Interview - Tra Noi avril 2010
Entre temps les pizzas, desserts et les cafés sont consommés, nous aimerions poser nos questions jusqu’au petit-déjeuner, mais la réalité veut que les "hommes" partent demain pour Anvers, et vu qu’il est minuit nous nous disons au revoir.


Nous écrivons en ce 2 avril 2010, après un superbe concert d´A filetta et après avoir soupé avec eux au restaurant du théâtre d´Hasselt, en Belgique.
Tra Noi aime faire les choses autrement, et sachant que la plupart du temps c´est Jean-Claude qui répond aux interviews et que les autres se contentent d´acquiescer de temps à autre, nous avons posé une question à chaque membre d´A Filetta.
La soupe est servie, José qui est assis en face de nous peut ouvrir le bal.
Tra Noi: "Quel est l´endroit le plus particulier où vous vous êtes produits, penses à une église, un théâtre, en plein air ?"
José donne sa réponse sans hésiter un seul instant: "Nouvelle-Calédonie, en mai 2009 (A Filetta était alors invité par un groupe musical de Nouvelle-Calédonie qui était autrefois venu aux Rencontres de Calvi, red.), nous étions là à l´occasion du vingtième anniversaire de la mort de Jean-Marie Tjibaou (politicien et militant pour l´indépendance, qui fut assassiné avec son compagnon Yeiwene Yeiwene le 4 mai 1989 red.)
En Nouvelle Calédonie (source: L’Invitu)
Maxime est curieux met essaye de lire sur notre calepin quelle sera sa question.
"De quelle collaboration retiens-tu de chaleureux souvenirs, et qu´est ce qui rend cette collaboration si spéciale ?"
L´un des autres suggère quelque chose de "tendres souvenirs", une allusion interne que nous ne relevons pas pour ne pas mettre quelqu´un mal à l´aise.
Maxime: "tu veux dire un souvenir pour moi, ou pour le groupe ?"
Tra Noi: "pour toi personnellement mais avec le groupe."
Maxime répond instantanément: "Bruno Coulais, nous avons travaillé intensément, cela donne un clic, il faut être alors ouvert à l´autre, et c´est aussi ce qui se passe, cela est nécessaire pour obtenir une bonne collaboration.
Dans le cas de Bruno, une amitié est née, il est même le parrain de ma fille."
Nous avons demandé à Paul:
"Quel est l´endroit le plus bizarre où vous vous êtes produits ?"
Paul réfléchit avant de donner sa réponse: "c´était sur une piste de cirque au Palais du Nikaïa.
C´était pour la collaboration avec Orlando Forioso, Bruno Coulais et le cirque "Gruss", pour la représentation de Lucio, le rêve de l’âne d’or." Jean-Claude et Valérie aquièscent. (ce 'cirque/opera', Lucio, le rêve de l’âne d’or, a été produit 2 fois les 2 et 3 juillet 2007, red)
Lucio, le rêve de l’âne d’or
Entre la soupe et le plat principal, nous nous tournons vers Jean.
Tra Noi: "Si tu devais choisir un chant d´A Filetta, quel chant aimerais-tu chanter ?"
Jean répond directement: "Médée!"
Tra Noi: "pas un CD, un chant."
Jean: "U Casticu, je trouve tous les albums que nous avons faits beaux, mais Médée c´est l´apothéose, les chants apportent l´harmonie, telle que nous pouvons entrer en transe en chantant…
Médée représente le passé, le présent et le futur."
A Filetta U Casticu
C´est le tour de Jean-Luc et nous lui demandons:
"Quelle est la situation la plus bizarre que tu ais vécue avec A Filetta ?"
Avant que Jean-Luc puisse répondre Jean raconte un événement hilarant arrivé pendant un séjour en Suède, mais c´est plus une histoire de comptoir qui a pour ingrédients: bougies, cheveux et claque, ils sont tous morts de rire maintenant qu´ils y repensent.
Jean-Luc réfléchit profondément à la question, après diverses anecdotes qu´il semble passer en revue dans sa tête, il répond finalement: "au Maroc nous avons vécu quelque chose de bizarre, nous nous produisions à Volubilis (une vieille cité Romaine retrouvée, red), pendant le concert, l´armée était présente pour la sécurité de tous, les militaires de faction étaient plus occupés à écouter la retransmission d´un match de football à la radio, nous pouvions, tout en chantant, entendre le match et les commentaires des militaires. C´était plutôt dérangeant.
Volubilis
Une autre expérience spéciale fut le concert en Norvège, pendant l´été, nous nous produisions à minuit, et il faisait tout simplement jour, très spécial."
Les assiettes sont vides, toutes les frites mangées, et nous posons la question suivante à Ceccè:
"Qu´est-ce qui te motive à rester avec A Filetta, à toujours être sur les routes, souvent loin de ta famille ?"
Ceccè répond avec beaucoup d´assurance dans sa voix: "Passion. Passion pour A Filetta, passion de chanter, pour l´ambiance au sein du groupe, pour les voyages, tout ce qui fait la vie d´A Filetta. C´est parfois difficile, quand je suis loin de ma famille, mais être avec A Filetta facilite les choses."
Valérie doit, elle aussi, répondre à l´une de nos questions:
"Raconte nous et décrit nous la journée idéale d´A Filetta le jour d´un concert."
Valérie commence à rigoler: "ce n´est surtout pas le premier jour d´une tournée … mais ensuite…"
Nous la guidons pour répondre à la question, ce qui la soulage, en lui demandant ce qu´elle fait pendant une journée de concert.
Valérie: "Le plus gros travail est dans la préparation, en fait je n´ai plus grand chose à faire lorsque nous sommes en tournée, il arrive très rarement que je doive régler quelque chose à la dernière minute.
Ma journée idéale est celle où il y a peu de distance à parcourir entre les villes où nous nous produisons, tranquillement, visiter la ville où nous sommes, mais aussi prendre le temps de faire le travail que j´ai emmené avec moi.
Voilà, c´est ma journée idéale."
Le plus gros travail est dans la préparation!
Au café, nous posons la dernière question à Jean-Claude.
"Où aimerais-tu te produire avec A Filetta, penses illimité, l´Acropolis, Vlieland, le Pôle Nord, la lune…"
Nous voyons Jean-Claude partir en voyage dans ses pensées :
"Un ancien théâtre Grec, et y présenter Médée. J´aimerais me produire là où la nature est encore sauvage comme en Patagonie, au Groenland, aux pôles Nord ou Sud, où précisément cela n´a pas d´importance (entre-temps nous assistons à l´imitation de pingouins applaudissant). Le désert, bien que ce soit si chaud, je préfère des destinations plus froides.
On peut toujours rêver."
Patagonie
Malgré la fatigue, ils veulent bien se soumettre à notre requête de prendre une position de mêlée, je suis entourée par les sept chanteurs et prend quelques photos.
C´est déjà l´heure de partir, de bien dormir, de faire de beaux rêves…
©Laurent&SuzanLohez 2010
Nous avons été reçus par une tribu, et vécu une semaine avec eux comme des membres á part entière de la tribu, nous dormions tous les dix dans une hutte, l´ambiance était très décontractée, loin de la civilisation, pas de téléphone, pas d´ordinateur, simple, agréable. La transition avec le concert de Dublin tout de suite derrière fut immense, un choc de cultures."