Mises à jour - avril 2011

Pleure, lamente, prie et aime
Qu´est ce que nous étions heureux d´apprendre, l´été dernier, que le Nederlands Blazers Ensemble (Ensemble de cuivre Néerlandais) allait entreprendre une collaboration avec A Filetta.
Dès que ce fut possible, nous avons acheté nos tickets pour les six concerts, c´est quelque chose que nous ne voulions absolument pas manquer.
Avant la venue d´A Filetta, nous étions curieux quant à cette nouvelle collaboration et nous avons eu une interview avec son initiateur et directeur artistique du NBE, Bart Schneemann.
Et voici le moment venu, A Filetta est arrivé et se mit à travailler avec le
NBE sur cette toute nouvelle création, composée par Ernst Reijseger.
Entre les répétitions, il y a eu aussi l´enregistrement pour le programme télévisuel Vrije Geluiden « Free Sounds » - VPRO (Télévision Néerlandaise)pour l´émission du 20 mars. Sur la page vidéo, vous en trouverez différents fragments.
Répétitions
Tra Noi a pu assister à la dernière journée des répétitions. Elisabeth a pris de nombreuses et superbes photos et Suzan en a écrit un compte-rendu :
10 mars Mozaiektheater Amsterdam
A 10 heures du matin, je pénètre par l´entrée des artistes dans le Mozaiektheater. Je suis chaleureusement accueillis par quelques musiciens et je peux prendre directement place dans la salle. Les chanteurs d´A Filetta sont déjà là, nous nous embrassons et quand les autres membres du NBE arrivent, ils se mettent au travail.
La salle est jonchée de partitions et d´instruments de musique, l´ambiance est décontractée et chaleureuse, on ne dirait pas qu´ils répètent depuis seulement 3 jours et que la première est pour demain. Nous recevons la liste des chants/musiques qui seront interprétés, et dessus il y a quelques blagues en Néerlandais que je ne traduit pas aux chanteurs d´A Filetta (et oui, comment dit on “Pater Piemelmans” en Français?).
Aprés que l´ordre des chants ait été arrêté, ils commencent.
Quel cadeau que de pouvoir être là.
L´ambiance reste décontractée mais en regardant les visages on peut voir qu´ils travaillent intensément, cela frotte et déchire, cela s´harmonise, on ne se comprend pas, on se comprend, on y travaille dur. Certains morceaux se déroulent comme s´ils travaillaient ensemble depuis des années, d´autres demandent davantage de travail, cela remue et cela est ajusté. Ernst Reijseger est présent toute la journée et donne quelques instructions depuis le côté, parfois il saute vers le milieu de la salle, et donne ses indications pratiquement en dansant.
Après un déjeuner convivial, on se remet au travail, cela dure un moment avant que tous se remettent dans leur élément.
On y discute sur le rythme, qui doit aller plus vite et qui doit aller plus lentement… Entretemps il y a quelqu´un qui travaille sur un accessoire de scène, à cet instant je ne sais pas quelle place et à quel moment cet accessoire sera intégré.
Après la pause de l´après-midi, c´est la répétition générale. Qu´est-ce que c´est beau, génial que je puisse y assister, cela me touche, pratiquement comme toujours, cela n´a pas d´importance que nous ne soyons pas dans la salle de spectacle, cela me touche en plein cœur.
J´attends vraiment impatiemment les concerts, pour voir et surtout écouter tout ceci dans une salle de théâtre!
©SuzanLohez
La demi-heure.
En ouverture des concerts d´Haarlem, de Zoetermeer, d´Arnhem et de Groningen, la place était laissée à “Het Half Uur” (La demi-heure). Des élèves des écoles secondaires locales ont eu l´opportunité de travailler sur leur propre interprétation et mise en scène du thème Pleure, lamente, prie et aime, en collaboration avec le JongNBE (Jeune NBE). Nous avons pu voir quatre représentations totalement différentes. La seule similitude qui m´interpella fut l´attitude de vouloir améliorer le Monde que tous les adolescents ont. C´est remarquable de voir que chacun a su donner sa propre forme au même thème.
A Filetta et NBE, c’est une très bonne idée !
Cette collaboration très spéciale entre le NBE et A Filetta est extrêmement réussie, tous les concerts furent très intenses et nous transportèrent en un lieu où seule la musique était importante.
Différentes personnes du public ont écrit un compte-rendu (court ou long). Vous les trouverez sur la page compte-rendu, ainsi que deux comptes-rendus parus dans des journaux.
Elisabeth (notre photographe attitrée) a pris de superbes photos pendant 2 des concerts, vous pourrez les voir sur la page Photo.
Musique
Ici vous pourrez y lire aussi quelques réactions sur les arrangements musicaux. Vous y trouverez une manière de percevoir un aperçu du concert Pleure, lamente, prie et aime.
Di Corsica Riposu, Requiem pour deux regards
Nous pouvons d´ores et déjà vous dire que l´album est magnifique. Il est déjà possible de le réserver sur fnac.com. A Filetta et Daniele di Bonaventura auront l´occasion de se produire ensemble à différentes reprises pour interpréter le Requiem, sur la page Concerts, vous pourrez voir exactement où et quand. Marilena devrait, si tout se passe bien, assister au deuxième concert qui se déroulera en Corse, le 11 avril au théâtre L’Aghja à Ajaccio.
Interview
Tra Noi, l´interviewé, cela n´arrive pas souvent, cependant André Carli, Le blog officiel de l’association Actualité Corse de la Précarité a voulu nous poser quelques questions sur notre passion… Vous pourrez lire l´interview en Français sur le site d´Asso Actualité Corse de la précarité.
Allemand
Nous l´annoncions déjà, en Corse on a travaillé très très dur sur la version allemande de Tra Noi, notre amie Allemande Gerda Marie Kühn (qui vit en Corse) a traduit pour nous le site en Allemand. Nous en sommes ravis ! D'ici nous voulons remercier du fond du cœur Gerda pour le travail gigantesque qu'elle a accompli dans un délai très court.
En plus du site, elle a aussi traduit le dernier CD Mistico Mediterraneo, vous pourrez lire les traductions de ce CD en Allemand, ici.


Le 14 avril sortira le CD Di Corsica Riposu, Requiem pour deux regards. Ce Requiem a été écrit par Jean-Claude Acquaviva, commandé par le Festival de Saint Denis en 2004. Il est désormais arrangé pour 7 voix (A Filetta) 1 narrateur (Jean-Claude Acquaviva) et 1 bandonéon (Daniele di Bonaventura).
Pleure, Lamente, Prie et Aime:
Cette fois-ci, nous vous faisons écouter des fragments de chantés en collaboration avec le NBE, particulièrement remarquables. Ces fragments sont issus du concert avec le NBE et ils ont été placés juste avant les chants originaux d´A Filetta. Tous ceux qui auront assisté aux concerts n´auront pas de mal à se remettre en tête les images des musiciens.
Pour écouter tout le concert, cliquez ici.
* Nana - Bracanà
* A Paghjella di l'Impiccati - Intantu
Laurent: “Depuis que je connais A Filetta, j´ai toujours était saisi par l´intensité des émotions que j´éprouve en écoutant A paghjella di l´impiccati. Je vous invite à lire la traduction pour mettre des mots sur ses émotions. J´en ai la chair de poule à chaque fois que je relis ce texte en hommage aux Corses du Niolu qui en 1774 ont péri par la répression Française, comme Marcu Maria qui n´avait pas encore 15 ans…
Pendant la tournée d´A Filetta et du NBE, le trombone basse a substitué la voix de Jean-Claude Acquaviva, pour ce chant. Je vous avouerais qu´il faut s´habituer à ne pas entendre la voix de Jean-Claude Acquaviva mais les premières notes du trombone basse ont su me communiquer les même émotions. C´était absolument magnifique à voir et à entendre!”
* Sub Tuum - Intantu
Suzan: “depuis que je connais A Filetta, Sub Tuum est l´un des mes chants favoris, Sub Tuum fut aussi le chant que je leur ai demandé de chanter uniquement pour nous lors de l´après concert sur la place St Pietersplein de Utrecht en 2007 (vous pouvez lire cette histoire ici). Mais ce qui s´est passé sur scène avec le NBE est incroyablement beau, constructif et dansant. Je continue à entendre les musiciens quand j´écoute Sub Tuum.”
* Treblinka - Bracanà
Marilena: “A travers nuit et brouillard disparaissent des hommes, des femmes, des enfants… dans la nuit et le brouillard. Une image qui a marquée une grande partie de ma jeunesse : étant fille d’un père qui souffrait d’un fort « syndrome de résistance » (appelé aujourd’hui syndrome de stress post-traumatique) et d’une mère dont le premier mari avait survécu à Dachau (avec Floris Bakels, l’auteur de « Nacht und Nebel »…) et après avoir travaillé pour l’Assistance Social Juive d’Amsterdam, pendant mes études, il m’était impossible d’échapper à la tristesse déprimante de « la guerre », aux histoires de déportation, à la peur et aux numéros de prisonnier tatoués.
Le texte de Jean-Yves Acquaviva a déplacé quelque chose dans ma perception de tout ça, c’est comme si avec chaque larme qui glisse de mes yeux purifiait quelque chose en moi, comme si le désespoir devenait espoir, comme si la faiblesse devenait force, comme si l’humiliation devenait dignité. La superbe musique de Jean-Claude Acquaviva aide aussi à ressentir et intérioriser les mots et les pensées.
Lorsque j’entendis les premières notes de Treblinka à Haarlem, je fus transportée dans une espèce de transe, dans un tourbillon d’émotions et de pensées, en répétant les mots en silence comme un mantra, envahie par une estime, une gratitude et une admiration envers Jean-Yves, qui chaque dimanche matin enrichit nos vies avec un nouveau poème sur le Foru Corsu dont je fais moi aussi parti (Puesia duminicale). Cet homme, qui est capable de nous faire voir une lumière dans nuit et brouillard, mérite une mention spéciale : on retrouve cette lumière dans beaucoup de ses poésies.
Bientôt je me sentis comme le personnage d’un dessin animé : sur lequel on voit l’eau monter et monter dans ses yeux jusqu’à ce qu’ils débordent. Et ça débordait, non pas seulement cette première soirée, mais également à Zoetermeer et ensuite aux deux concerts d’Amsterdam. Ce n’était jamais identique, mais toujours aussi bouleversant. La musique magistrale et extrêmement appropriée de Reijseger attribuait au texte et à l’émotion de la chanson une profondeur et un accent qui l’ont changée à jamais. Désormais j’entendrai dans ma tête les mots avec ces sons-là, je ressentirai cette même émotion. L’intensité du chant aussi paraissait atteindre un niveau exceptionnel. Passionné, élevé, introspectif. Magnifique et salutaire.
Jean-Yves, A Filetta, Ernst Reijseger, NBE: à ringraziavvi per st’emuziune prufonda ch’e rissentu ancu oghje, cun ogni batticore...
PS Bientôt en Vente chez Albiana: le premier roman de Jean-Yves Acquaviva, ainsi que son premier recueil de poésie. La traduction pour l’année prochaine ?”
